26 mai 2026

Handball, c’est la faute à tout le monde !

Sans surprise, l’équipe nationale de handball a raté sa 17e participation au Championnat du monde de la discipline en se faisant sortir dès le premier tour. Notre petite balle continue à payer l’instabilité et la gestion anachronique qui dure depuis plus de deux décennies. La présidente de la Fédération algérienne de handball (FAHB), Karima Taleb, est le énième bouc-émissaire pour une politique sportive au préjudice qui traverse le temps.

Par Mohamed Touileb

Trois matchs pour autant de défaites, la sentence est sans appel pour nos handballeurs qui se sont inclinés face à « la plus faible sélection de Tunisie depuis des années ». Les camarades d’Ayoub Abdi n’ont pas pu sauver les meubles et atteindre le tour principal. Il faut savoir que c’est la 8e fois sur les 9 dernières présences dans le raout handballistique ayant suivi la 13e place (meilleur classement dans un Mondial pour l’Algérie) en France en 2021 que l’EN échoue à passer les poules. La seule fois où elle avait pu sortir avec un « pass » pour le tour principal, c’était lors de l’édition 2021 en Egypte sous les ordres de l’entraîneur Alain Portes et dans un contexte assez spécial puisque c’était la période de la pandémie de la Covid 19. Les Verts ont terminé 22es sur 32 participants.

Trouver le bouc-émissaire ne résout pas le problème

Après l’élimination prématurée pour l’opus 2025 qu’organisent conjointement la Croatie, la Norvège et le Danemark, l’actuelle présidente de la FAHB, Karim Taleb, a essuyé de vives critiques. En tant que première responsable de l’instance, elle a vite fait office de bouc-émissaire. En tout cas, elle a annoncé qu’elle ne comptait pas briguer un second mandat sachant qu’elle n’est à la tête de la structure fédérale que depuis octobre 2022 seulement. Elle avait repris une FAHB qui été gérée par un directoire pendant une certaine période.

Cette instabilité chronique ne pouvait en rien aider la petite balle à se porter mieux. Et guérir de ce mal profond nécessite forcément une réelle refonte qui devrait cibler les problèmes et défections réelles qui rongent le sport collectif qui a remporté le plus de titre pour l’Algérie avec notamment un règne africain sans partage marqué par ces 5 couronnes consécutives (1981, 1983, 1985, 1987, 1989).

Taleb ne doit pas trinquer pour tout le monde

Par la suite, l’Algérie n’a pu décrocher que 2 sacres. Un en 1996, l’année qui a marqué la dernière participation aux Jeux olympiques (Atlanta/Etats-Unis) d’ailleurs, et 2014 qui n’était finalement qu’un coup d’éclat permis par l’organisation sur nos terres et devant un public algérien qui a pu faire transcender les protégés de Réda Zeguili. S’ensuivra cette humiliation au Qatar de nos champions d’Afrique qui ont terminé bons derniers du tournoi et deux absences pour les séquences suivantes (2017 et 2019). A partir de là, les lettres de noblesse étaient complètement perdues avec un indice révélateur : la 6e place à la CAN 2018 au Gabon. Un malheureux précédent. C’est pour dire à quel point notre sélection était mal en point.

Durant le mandat de Taleb, l’Algérie a rejoué une finale pour la première fois depuis 10 ans. Et la concernée a tenu à rappeler que les compatriotes de Messaoud Berkous ont pu chercher cette médaille d’argent africaine qui vient contraster avec ce Mondial où l’équipe nationale a été confrontée à ses limites techniques.

Un dossier sérieux pour Sadi

Taleb a aussi fait constater que « même quand la sélection était au sommet de son art, elle n’a pas atteint le second tour du Mondial ». Ce qui n’est pas tout à fait faux. Aussi, elle a établi le constat qu’on connaît déjà et qu’on a déjà entendu. « Revenir sur le plan international nécessite une stratégie bien ficelée. Il doit y avoir une planification et une restructuration du handball chez les jeunes catégories. Pour qu’on atteigne le niveau international, des moyens spéciaux doivent être disponibles», note la première femme à présider la FAHB.

Qui pourra mettre en place cette stratégie ? Quelles seront les mesures que prendront les autorités, à leur tête Walid Sadi, ministre des Sports, qui se retrouve confronté à cette problématique à la peau dure. Va-t-il pouvoir trouver une solution réelle pour sortit le handball algérien de son marasme ? Tant de challenges qui reviennent après chaque désillusion et que ces prédécesseurs n’ont jamais pu relever ? Le handball va mal, c’est une lapalissade. Qui le sortira de ce gouffre ? Telle est la question.

M.T.

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