Le brassard de la discorde

Lors du rassemblement de mars, Riyad Mahrez, habituel capitaine de l’équipe nationale, n’était pas présent car il avait demandé à être exempté. Dans la hiérarchie… établie par Belmadi, ancien sélectionneur, c’est Aïssa Mandi qui était le vice-capitaine. Mais, qui dit « nouveau sélectionneur », dit « nouvel ordre ». Pour marquer le coup du changement de coach, c’est Yacine Brahimi, absent des rangs des Verts lors des deux dernières années, qui a eu le brassard. Une promotion qui n’était, selon nos informations, pas franchement du goût des joueurs en interne.
Par Mohamed Touileb
Nabil Neghiz, adjoint de Vladimir Petkovic, a donné son avis sur Brahimi en tant que capitaine. Évidemment, il a défendu ce choix en assurant que Brahimi « a une vrai âme de capitaine. Que ce soit dans le match, sur le banc ou dans les entraînements ». Par ailleurs, on peut relever que ce n’était pas la première fois que le milieu offensif endosse le rôle de capitaine. Il l’avait été par le passé sous la coupe de Belmadi (3 fois). La dernière était en match de préparation pour la CAN-2021 contre le Ghana. Avant cela, le pensionnaire d’Al- Gharafa SC (Qatar) avait déjà porté le capitanat à 6 reprises et avec 2 coachs différents (Rabah Madjer ainsi que Madjid Bougherra avec les A’).
Plus pour narguer Belmadi qu’une décision sportive
A propos du brassard, Petkovic a indiqué que « Le critère de l’expérience, du nombre de matchs joués peut être important pour le choix du capitaine. Plus nous nous rapprocherons du mois de juin, plus nous clarifierons ce point ». Sur la pelouse contre la Bolivie et l’Afrique du Sud, il y avait Aïssa Mandi (32 ans) qui avait compilé 93 capes avant ce match contre… 63 pour Brahimi. C’est pour dire que cet aspect n’a pas été réellement pris en compte. D’ailleurs, il s’avère qu’il y a eu des éléments externes qui ont imposé le choix de Brahimi (66 sélections avant mars) pour marquer la fin définitive de l’« ère Belmadi » qui n’avait pas de bon rapport avec ce même joueur depuis quelques temps. La Fédération algérienne de football (FAF) a peut-être poussé le bouchon un peu trop loin pour faire dans l’anti-Belmadi. Ce qui peut installer une ambiance tendue dans le vestiaire avec cette vengeance taciturne sous couvert de réhabilitation exagérée et qui semble un peu trop idyllique et scénarisée.
Bennacer, le tout désigné… si pas de Mahrez
Il faut savoir que le retour de Brahimi est mérité sportivement compte tenu de ce qu’il montre en club. Mais, à 34 ans, le gros de sa carrière, qui n’était pas vraiment liée à El-Khadra, est désormais derrière lui. Les Verts sont en plein processus de reconstruction et de… rajeunissement pour entamer un nouveau cycle. L’idéal est donc de promouvoir un jeune joueur. Et Ismaël Bennacer (26 ans/49 sélections) a la tête de l’emploi avec sa grinta, son leadership mais aussi son statut. D’ailleurs, il a déjà été capitaine du mythique AC Milan. Ce qui renseigne sur ses aptitudes dans ce domaine. De plus, il peut être un relais parfait pour Vladimir Petkovic sachant qu’il maîtrise l’Italien. Les consignes peuvent être transmises plus en toute fluidité et avec pertinence. On dit cela en considérant que Mahrez pourrait ne pas être là dans les mois ou années à venir. Le témoin doit être passé prochainement. Et c’est à Bennacer que devrait revenir cet honneur.
M.T.
