Le rideau est tombé sur la saison 2024/2025 de la Division 2 amateur, et avec lui, un nouveau chapitre amer dans l’histoire récente du Raed. Deuxième au classement avec 55 points, le RCK a une nouvelle fois manqué le train de l’accession en Ligue 1. Pour la seconde année consécutive, les Vert et Blanc terminent dauphins d’un championnat qu’ils rêvaient pourtant de dominer. Si le bilan chiffré est flatteur à première vue avec 15 victoires, 10 nuls, 5 défaites, deuxième meilleure attaque avec 42 buts marqués, troisième meilleure défense avec 22 buts encaissés, la réalité est tout autre : celle d’un échec causé par des erreurs de casting et une gestion approximative…
Des statistiques qui masquent l’essentiel
Il faut parfois savoir lire entre les lignes. Et dans le cas du RCK, les chiffres ont beau suggérer une saison honorable, ils peinent à masquer le sentiment de frustration qui habite les supporters. Terminer deuxième n’a jamais été un objectif dans un club qui ambitionne depuis plusieurs saisons un retour parmi l’élite du football national. Avec 55 points récoltés, soit une moyenne de 1,83 point par match, le RCK a surtout laissé filer trop de points cruciaux en route, notamment lors de la phase retour. Ces 10 matchs nuls, un tiers de la saison, sont révélateurs d’un manque d’efficacité dans les moments-clés. Des rencontres dominées sans être gagnées, des erreurs de concentration en fin de partie, des occasions gâchées et parfois un manque criant d’ambition dans le jeu. Le RCK a certes inscrit 42 buts, un total honorable qui en fait la deuxième meilleure attaque du championnat, mais trop souvent, ces buts sont arrivés lorsque l’enjeu était mineur. Dans les confrontations décisives, l’équipe a souvent manqué de tranchant offensif et d’audace tactique.
Une accession ratée, une fois encore
Ce n’est pas la première fois que Kouba échoue dans sa quête de montée. La saison précédente, le club avait fini dans le peloton de tête sans parvenir à franchir l’ultime marche. Mais cette année, les promesses étaient plus grandes, les discours plus ambitieux et les moyens plus conséquents. Et c’est sans doute ce qui rend l’échec encore plus amer. On ne peut pas parler de simple accident de parcours. Il s’agit bel et bien d’une répétition, symptomatique d’un club qui semble tourner en rond depuis plusieurs saisons. Dès les premières journées, des signes d’instabilité ont émergé. Un mercato estival peu inspiré, marqué par des recrutements discutables, a rapidement suscité les interrogations. Si certaines recrues ont apporté leur contribution, d’autres ont été de véritables échecs, incapables de s’imposer dans le onze titulaire ou d’élever le niveau global de l’équipe. Cette carence dans le recrutement est aujourd’hui pointée du doigt comme l’un des principaux facteurs de l’échec.
Des supporters partagés entre fidélité et exaspération
Le public koubéen, passionné et exigeant, a une nouvelle fois répondu présent tout au long de la saison. Malgré les déceptions, les gradins ont souvent vibré et l’amour du maillot n’a jamais faibli. Mais en contrepartie, la frustration est grande. Beaucoup ne comprennent pas comment un club avec autant d’atouts peut rester enfermé dans une logique d’échec répétitif. Les réseaux sociaux ont relayé cette colère, parfois avec virulence. Des appels à la réforme, des critiques sur la gestion et des remises en question de l’encadrement technique et administratif. Les supporters ne veulent plus de demi-mesures. Ils réclament un projet clair, ambitieux et surtout crédible. Ils veulent des actes, plus que des discours…
Un nul amer qui résume tout
La saison s’est achevée sur un nul face à Bechar Djedid à Benhaddad, lors de la dernière journée. Un résultat qui ne change rien au classement mais qui n’offre pas un brin de réconfort à des joueurs et des supporters désabusés. Ce match, sans enjeu réel, a été l’occasion de se dire au revoir ou peut-être au revoir à certaines pratiques, certains visages et certains choix. Car cette fin de saison doit marquer le début d’une profonde remise en question. Le RCK ne peut plus se contenter d’être “proche de l’accession”. Il faut désormais bâtir un projet solide, cohérent et structuré. Cela passe par un recrutement plus intelligent, une gestion plus professionnelle, un staff compétent et une véritable politique de formation. Cela passe aussi par un discours sincère vis-à-vis des supporters…
Y. M.
