C’est un nouveau bras de fer qui secoue le RCK, et cette fois, il concerne les entraîneurs des jeunes catégories. Après plusieurs mois d’attente et de promesses non tenues, les entraineurs des jeunes catégories ont collectivement décidé de refuser la réception de 50 % de leur dû et de ne pas signer les décharges présentées par le secrétaire du club.
Par Youcef Mimoune
Au cœur de cette crise, le président Salim Messani, accusé de fuir ses responsabilités et de tourner le dos à ceux qui façonnent l’avenir du club.Après cinq mois d’impayés et d’espoirs régulièrement déçus, les entraîneurs attendaient au minimum une régularisation complète de leur situation. Mais à leur grande surprise et surtout à leur grande colère, la direction du club leur a proposé de percevoir seulement 50 % de leurs salaires en contrepartie d’une signature de décharge, les engageant à ne plus réclamer la différence.Le secrétaire du club, dépêché pour gérer cette opération, s’est vu opposer un refus catégorique de la part de tous les techniciens concernés. Selon eux, «c’est une double humiliation. D’abord, on ne nous paie pas. Ensuite, on nous demande de renoncer à la moitié de notre dû comme si nous étions des mendiants»…
Le silence deMessani alimente la colère
Plus que la proposition jugée insultante, c’est l’attitude du président Salim Messani qui cristallise les tensions. Non seulement ce dernier ne s’est pas déplacé pour s’adresser aux entraineurs, mais il aurait refusé de les recevoir malgré leurs multiples sollicitations.Ce comportement, qui s’inscrit dans la continuité d’une gestion souvent décriée, est ressenti comme un mépris de plus et surtout une trahison morale dans un club qui prône officiellement la valorisation de la formation. Cette crise révèle une fracture profonde entre la direction du RCK et le personnel technique des jeunes catégories. Ces derniers, souvent bénévoles de fait ou sous-payés, sont pourtant le socle sur lequel repose l’avenir du club. Leur rôle dans l’encadrement, la formation et la détection des jeunes talents est essentiel, d’autant plus que la politique sportive du club affiche depuis des années une volonté de s’appuyer sur son vivier local.Mais cette politique affichée semble aujourd’hui vide de sens. Le refus de rémunérer dignement ces entraineurs est perçu comme un désaveu de la formation.
Sa responsabilité morale en question
Le refus de toute communication directe avec les entraîneurs a placé Salim Messani au centre des critiques. Déjà pointé du doigt pour sa gestion du groupe professionnel et pour des choix jugés incohérents lors des deux mercatos, il voit aujourd’hui sa politique de formation sérieusement remise en cause. Son mutisme accentue la perte de confiance au sein du club. Les conséquences de cette crise dépassent le cadre administratif. Les parents, inquiets, ont commencé à poser des questions. Ce climat d’instabilité pourrait avoir des effets durables sur la fidélité des jeunes au projet du club. Certains envisagent déjà de quitter le RCK pour des structures plus stables. Les entraineurs, quant à eux, commencent à chercher d’autres clubs employeurs et ne font plus confiance à Messani, surtout si ce dernier officialise la venue de BoualemCharef à la tête de la direction technique des jeunes catégories.
La direction ne répond plus !
À l’heure où nous publions cet article, aucun communiqué officiel n’a été émis par la direction du RCK concernant cette affaire. D‘ailleurs, la page officielle du club demeure figée depuis plusieurs mois. Le silence reste donc la seule réponse institutionnelle.Ce mutisme alimente la spéculation et fragilise encore plus la position de la direction, déjà critiquée pour son manque de transparence. Par ailleurs, aucun entraîneur n’a cédé. La position des coaches reste claire et réclament l’intégralité de leur dû et un dialogue direct avec Messani. Tant que ces deux conditions ne seront pas remplies, les entraineurs ne comptent pas céder. La balle est désormais dans le camp du président koubéen, qui doit trancher. Soit continuer dans le mépris, quitte à perdre une partie essentielle du club, ou entamer une véritable réconciliation en régularisant les salaires et en engageant un dialogue sincère…
Y. M.
