Douze jours depuis sa consécration en Coupe d’Algérie, l’USM Alger se dirige vers l’inconnu. Alors qu’un conflit en interne oppose Saïd Allik au Conseil d’administration, le groupe Serport ne s’en soucie pas. Visiblement, seule l’intervention du ministre des Transports pourrait remettre les choses dans l’ordre.
Par Moussa Maïdi
Il y a plus de deux mois, l’ex-président du conseil d’administration AthmaneSahbane a été destitué en raison de sa gestion chaotique. Boubekeur Abid a été désigné pour lui succéder, avec l’intronisation de SaidAllik au poste de directeur général. Cela a suscité l’optimisme des supporters quant à l’avenir de leur club, hélas, la situation a pris une tournure inattendue. Plus de deux mois sont passés et Allik n’a toujours pas signé son contrat. Profitant du soutien des hautes autorités du pays, il réclame un gros salaire, justifiant ça par la lourde responsabilité qui lui a été confiée. A la recherche d’une issue pour régler ce différend, le Conseil d’administration a proposé, lors de sa dernière réunion tenue samedi dernier, une nouvelle formule de contrat qui a été exposée au groupe Serport. Une nouvelle formule mais aussi un nouveau statut, celui de directeur technique. C’est le seul poste qui permettrait au concerné d’avoir le salaire qu’il réclame, étant donné que le poste de directeur général va le contraindre de se conformer à la grille salariale de la société des services portuaires, dont le seuil ne dépasse pas 100 millions/mois. Mais selon une source crédible, le président historique refuse le poste proposé par le CA car il sent comme si cette éventuelle nomination va limiter ses prérogatives. En effet, il exige plutôt le poste de directeur général. Autrement dit, il veut avoir tout le pouvoir au club mais aussi des garanties pour que personne au conseil d’administration ne lui mette les bâtons dans les roues pour accomplir convenablement sa mission.
150 millions/mois, à prendre ou à laisser
Selon toujours notre source, et outre la nouvelle formule du contrat et le poste, le conseil d’administration a également proposé un salaire de 150 millions/mois et qui a été entériné par le groupe Serport. Alors que SaidAllik exige une mensualité de pas moins de 200 millions/mois, après avoir fait des concessions (il avait réclamé 250 millions/mois au début). Un salaire qui avoisine celui qu’il percevait au CR Belouizdad lorsqu’il était directeur sportif. Notre source nous a également révélé que le propriétaire du club ne compte absolument pas revoir le salaire proposé à la hausse, c’est-à-dire à prendre ou à laisser. D’après ce que nous avons eu comme informations, selon toujours notre source digne de foi, Allik a tout de même profité de certains privilèges bien qu’il n’ait toujours pas signé son contrat. Alors que c’est lui qui a eu l’honneur d’accueillir et s’asseoir aux côtés du président de la République lors de la finale de la Coupe d’Algérie (C’est le PCA Abid qui devait le faire, ndlr), il a eu droit à un luxueux bureau qui a coûté environ 60 millions de centimes, un smartphone dernier cris qui coûte 30 millions ou encore, une puce téléphonique et une voiture à sa disposition.
Allik insiste pour un changement radical du CA
Outre un salaire de 150 millions/mois et le poste de directeur général, SaidAllik réclame aussi un changement radical au sein du Conseil d’administration, qui a été renforcé par trois nouveaux membres à l’occasion de la réunion de samedi dernier. Selon notre source, le concerné ne veut pas côtoyer le même conseil qui existe depuis plus de deux ans, et dont certains ont une loyauté envers les ex-responsables du club. Ainsi, il veut à tout prix placer Mouldi Aissaoui comme président du conseil d’administration et d’autres de ses hommes de confiance pour avoir un CA qui lui convient et qui entérine toutes les décisions prises par Allik. Nous avons également appris qu’entre Allik et l’actuel conseil d’administration, le courant ne passe plus. D’ailleurs, lui et Abid ne s’adressent plus la parole avant la finale de la Coupe d’Algérie, suite à un accrochage verbal qui s’est éclaté au stade Omar-Hamadi.
Le budget toujours pas débloqué !
Enfin, il faut savoir que le budget de l’exercice 2025/2026 n’a toujours pas été débloqué par le propriétaire du club. Alors que les autres clubs sont déjà passés aux chosesserieuses, l’USMA accuse un retard flagrant. Aucune nouvelle recrue, pas d’entraineur et une préparation d’intersaison qui risque d’être compromise. Le moins que l’on puisse dire, est que cela a suscité le grand désarroi des supporters. La joie de la consécration en Coupe d’Algérie s’est tournée au vinaigre… Le groupe Serport, quant à lui, ne se soucie pas de la situation du club, étant donné que l’actuel P-DG est juste intérimaire. Visiblement, la situation nécessite l’intervention du ministre des Transports car il semble seul capable de remettre les choses dans l’ordre avant qu’il ne soit trop tard.
Moussa Maidi
