Les deux ont pu s’imposer en équipe nationale et écrire leur histoire. L’un est le meilleur buteur et le second, passeur historique. Il s’agit respectivement d’Islam Slimani et Riyad Mahrez. Le premier nommé a récemment évoqué – sans ambages – les hésitations de certains binationaux pour faire leur choix de sélection. Pour le second, il est clairement du même avis. Et quand des joueurs qui ont plus de 100 capes évoquent le sujet, l’avis ne peut qu’être crédible et audible.
Par Mohamed Touileb
Encore et toujours, le choix de sélection chez les personnes ouvrant droit à plus d’une nationalité sportive fait l’objet de spéculations. On a pu voir ça récemment avec le cas Rayan Cherki qui a fini par jouer pour l’équipe de France alors que la Fédération algérienne de football (FAF) a tenté de le convaincre de porter les couleurs d’El-Khadra.
Slimani a dit les termes
Ayant évolué à l’Olympique Lyonnais, Slimani a pu côtoyer le milieu offensif. Et il avait ressenti préalablement que le gaucher était plus tourné vers un choix de carrière avec les « Bleus » plutôt qu’avec les « Verts ».
L’attitude que certains peuvent adopter agace au plus haut point « Super Slim » qui déclarait, dans une interview accordée à Kampo, il y a quelques semaines : «Quand j’entends »choix », j’ai envie de pleurer. Tu ne choisis pas tes parents. Ça me met mal que quelqu’un me dise »J’ai choisi l’Algérie ». Qui es-tu pour choisir ? Tu choisis un pays où il y a peut-être 5 millions de morts dans l’histoire pour qu’on soit libre ?» Le goaleador des Fennecs était même allé plus loin en suggérant d’«instaurer une règle : on t’appelle une fois, tu viens, si tu ne viens pas, tu n’es plus sélectionné. Qu’est-ce que tu vas nous ramener ? Il n’y a que (Lionel) Messi qui peut ramener des choses. Il n’y a pas de joueur qui peut ramener quelque chose pour un pays, c’est le groupe. Nous quand on a gagné la CAN (en 2019), c’était le groupe».
Quand on trime et que rien n’est donné…
Si Slimani tient ces propos, c’est parce qu’à un moment donné, il n’y avait de places que pour les joueurs qui évoluent de l’autre côté de la rive. Slimani, au même titre que Hilal Al Arabi Soudani, était parvenu à s’imposer malgré ces difficultés et facilitations qui bénéficiaient à certains juste parce qu’ils débarquaient d’Europe. A l’époque, comme maintenant d’ailleurs, il reste toujours difficile de convaincre les footballeurs de première catégorie d’opter pour les « Guerriers du Désert ».
Malgré ces réticences, on mentionnera que certains sont devenus des footballeurs de classe mondiale même après avoir rejoint notre sélection. Parmi eux, il y a Riyad Mahrez arrivé en 2014 en provenance de Leicester City qui évoluait en Championship (D2 anglaise). C’était bien avant qu’il ne soit sacré meilleur joueur de Premier League, deux années plus tard.
Mahrez n’aime pas qu’on joue la montre
Mahrez a attendu son heure avec l’EN. D’ailleurs, pour la Coupe du monde 2014 au
Brésil, il n’a eu droit qu’à une seule apparition face à la Belgique avant de disparaître des plans de Vahid Halilhodzic. C’est pour rappeler que l’actuel sociétaire d’Al Ahli Saudi FC a mis du temps pour se construire sa réputation au sein de la sélection dont il est devenu capitaine l’emmenant sur le toit de l’Afrique à la CAN 2019 en Egypte.
En club, il a pu jouer pour le grand Manchester City sous les ordres de l’iconique Pep Guardiola. C’est pour dire que représenter l’Algérie n’a jamais été un frein pour sa carrière. «On a prouvé que les Africains peuvent jouer dans les plus grands clubs du monde», rappelle-t-il.
Et concernant ceux qui tâtonnent ou hésitent à rejoindre les Verts, il a un avis aussi tranché que celui de Slimani. Pour Mahrez, «si tu te sens Algérien, tu viens défendre ton pays. Si tu ne te sens pas Algérien, il vaut mieux le dire dès le début. Jouer la montre, c’est négatif pour le joueur, et ça l’est aussi pour les supporters qui attendent, espèrent, puis finissent souvent par être déçus». La leçon est par là.
M.T.
