30 avril 2026

La CAF tente de dissuader le Maroc de faire jouer le tournoi à l’été 2025

CAN 2025 : le dossier brûlant 

Le Maroc sera hôte de la CAN 2025. Et il veut absolument la faire jouer en été de la même année. En tant que membre très influent au Bureau exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), Fouzi Lekjaâ œuvre dans ce sens. Sauf qu’il y a un problème (et pas des moindres) : la période entre juin et juillet est déjà réservée par la… FIFA qui organisera la Coupe du Monde des clubs du 15 juin au 13 juillet. Et la Confédération africaine de football (CAF), que préside Patrice Motsepe, ne peut pas se mettre à dos l’instance mondiale en volant la vedette au Mondial des clubs. C’est pour cela qu’il y a une envie de réajuster le calendrier.

Par Mohamed Touileb

La détermination à organiser la CAN à l’été 2025 semble ferme du côté de nos voisins, et ce, malgré un calendrier footballistique défavorable pour tenir la messe continentale à cette période.

Dès lors, les plans des Marocains sont suspendus à une dérogation de la FIFA. Et la conception de la compétition de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), que chapeaute Faouzi Lekjaâ, est préétablie. Avec une proposition pour le moins peu commune. Inédite même et à ranger dans l’inconcevable sur le plan sportif.

La fraîcheur physique en péril

Ainsi, la FRMF imagine une compétition se déroulant à la troisième semaine du mois de juillet (23 juillet – 21 août) 2025. Cela signifie qu’il y aura chevauchement entre la Coupe du monde des clubs FIFA 2025, qui se tiendra dans l’intervalle cité plus haut aux Etats-Unis, et la 35e édition de la CAN.

Mais ce plan présente aussi une autre anomalie puisqu’il plombera le cycle de préparation des joueurs africains concernés par le Mondial des clubs. Dans le planning, une CAN jouée à la date souhaitée par le Maroc interviendra en amont de la saison post-Coupe du monde FIFA 2026 qui devra commencer plus tôt que dans les années “ordinaires”.

Pour faire simple, il y a la crainte que les joueurs africains n’aient pas véritablement de repos. Inhumain. De plus, on peut noter qu’il n’y pas de date FIFA pour juillet et août. C’est pourquoi les compétitions comme l’Euro, la Copa America et le Mondial se jouent habituellement entre juin et juillet.

La FIFA devra donner son feu vert

Le « wishful thinking » du Maroc nécessitera donc une dérogation de l’instance internationale afin d’exécuter ce calendrier estival de la CAN qui ne s’est tenue qu’une seule fois en été. C’était lors de la séquence 2019 en Egypte. Mais tout n’est pas lié à cette dérogation car il y a une autre contrainte. On peut aussi y ajouter les contraintes climatiques avec des températures sensiblement élevées en cette période au Maroc. Et ce n’est pas ce qui aide à préserver la fraîcheur physique pour des organismes. Certains sortiront d’une saison marathon (ceux qui joueront le Mondial des clubs) quand d’autres devront suivre un programme spécifique pour rester compétitifs.

Contraintes pour le diffuseur

En février dernier, Véron Mosengo-Omba, le secrétaire général de la CAF, avait envisagé que la CAN se tienne en été. Il avait noté que « l’été c’est juin, juillet et août ». Pour le Congolais, la température ne sera pas vraiment un problème même si le mercure peut atteindre 40 degrés la journée. « On peut jouer la nuit non ? Il n’y a pas de soucis », a-t-il imaginé.

Un peu trop euphorique ? Probablement. Parce que si tous les matchs se jouent en nocturne, l’épreuve durera deux mois en plus d’une programmation qui n’arrangera pas les diffuseurs. Les pertes risquent d’être énormes pour la CAF. D’autant plus que la structure confédérale est à la recherche constante de revenus pour la rendre plus attractive.

M.T.

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