Pour son cas, le suspense a pris fin assez rapidement. Même s’il n’a jamais évoqué publiquement son envie de jouer pour la France comme Yacine Adli, Maghnes Akliouche a tout de suite dit « oui » à l’appel de Didier Deschamps estimant que le choix de représenter les Bleus était « une suite logique » pour sa carrière. Légitime… ou presque.
Par Mohamed Touileb
A vrai dire, Akliouche était plus enclin à jouer pour l’Algérie que Rayan Cherki. Et ça, nous sommes en mesure de l’assurer compte tenu des informations qui étaient en notre possession pour ce dossier. La Fédération algérienne de football (FAF) a fait le boulot nécessaire de son côté sans pour autant courir derrière le Monégasque pour le convaincre de représenter l’Algérie moyennant des moyens qui n’ont pas trop de rapport avec l’aspect purement sportif. «Oui, nous avons approché l’environnement du joueur, nous explique un membre de la FAF. Nous avons parlé avec des membres de sa famille», assure une source à l’instance fédérale au quotidien L’Equipe.
Du respect pour l’Algérie, mais sans plus
Elle note aussi qu’«Akliouche était au courant de l’intérêt de la sélection. À partir de là, nous ne mettons plus aucune pression. Il n’y a aucune campagne de presse de notre part. Nous savons que le joueur est de nationalité sportive française et que son vécu est en France. Nous respectons cela. Que ce soit Akliouche ou Cherki, aucun des deux joueurs n’a manifesté la volonté de nous rejoindre». De con côté, le gaucher, courtisé par de gros noms à l’instar du Paris Saint-Germain et l’Inter Milan, prétend, dans une interview accordée au même journal, «avoir un profond respect pour l’Algérie qui est le pays d’origine de mes parents. Mais j’ai fait toutes mes classes en équipe de France, dans les équipes de jeunes, chez les Espoirs, avec les Olympiques. C’était la suite logique de continuer à représenter la France».
La FAF était engagé dans un 3 contre 1
Clairement, le dossier Akliouche a été influencé par des paramètres de plan de carrière. Comme souligné par nos soins, les données autour d’un transfert imminent ne sont pas anodines à cette décision de porter la tunique des vice-champions du monde. L’estampe de la France donne plus de valeur marchande et assure plus de gains sur la transaction. L’équation est simple avec des facteurs évidents. Didier Deschamps, sélectionneur des Tricolores, vit à Monaco et a une proximité intime avec le team de la Principauté.
Cette convocation, alors que l’Algérie voulait Akliouche, sert à deux choses : couper l’herbe sous les pieds des Fennecs et rendre le milieu offensif plus «bankable» en vue d’un transfert au moment où le PSG, où Luis Campos, ami de Deschamps et conseiller foot du Qatar Sports Investments (QSI), envisage fortement de recruter Akliouche dans le but de le revendre par la suite. C’est pour dire que s’il avait opté pour « El-Khadra », le gain en aurait pâti. A la somme de tous ces éléments, on peut se douter que le lobbying de la FAF reste beaucoup trop léger face à ce trident club – agent – sélectionneur. Comme Rayan Cherki, Akliouche représentera son pays de formation et d’adoption. Après tout, c’est une… suite logique.
M.T.
