Avant le départ vers la Vallée de la Soummam pour affronter la JSM Béjaïa en huitièmes de finale de la Coupe d’Algérie, la direction du NAHD a procédé, jeudi, au versement d’un demi-salaire aux joueurs. Une décision attendue depuis longtemps et qui a permis de désamorcer, au moins partiellement, une crise financière devenue de plus en plus pesante au sein du vestiaire. Menacée par un mouvement de contestation plus large, la direction a ainsi évité une rupture immédiate, alors que plusieurs joueurs avaient clairement fait savoir qu’ils quitteraient le club s’ils n’obtenaient pas leur dû.
Par Omar Yahiaoui
Ce paiement partiel a été accueilli comme un soulagement provisoire par les joueurs, conscients toutefois que la situation est loin d’être définitivement réglée. Si les esprits se sont quelque peu apaisés, la frustration demeure, d’autant plus que les concernés attendaient cette régularisation depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour certains.
Une crise financière qui couvait depuis des semaines
Le malaise ne date pas d’hier. Les retards de paiement répétés ont fini par éroder la patience du groupe, poussant certains éléments à envisager sérieusement un départ lors de ce mercato hivernal. Déçus, excédés et à bout de nerfs, plusieurs joueurs avaient formulé des demandes de libération afin de changer d’air, estimant que leurs engagements n’étaient pas respectés. Le versement d’une partie des salaires a donc permis à la direction de gagner du temps, mais aussi de s’engager, une nouvelle fois, à régulariser le reste des dus dans les plus brefs délais. En attendant, la majorité des joueurs a accepté de faire front commun pour défendre les couleurs du club, notamment lors de ce rendez-vous crucial en Coupe d’Algérie.
Brouba et Azzaoui passent à l’acte
Malgré ce geste d’apaisement, tous n’ont pas été convaincus. Brouba et Azzaoui, qui avaient déjà boycotté les entraînements et menacé de quitter le club en cas de non-régularisation, ont mis leurs menaces à exécution. Les deux joueurs ont fait l’impasse sur le match de Coupe d’Algérie face à la JSMB, confirmant ainsi la rupture avec la direction. Leur absence traduit la profondeur du malaise et devrait se conclure, dans les prochains jours, par des négociations en vue de l’obtention de leurs lettres de libération. Ces deux départs potentiels viennent alourdir un peu plus la situation sportive du NAHD.
Harrag, une absence et beaucoup d’interrogations
Autre fait marquant, l’absence de Chamseddine Harrag lors du déplacement à Béjaïa. Le milieu de terrain n’a pas fait le voyage avec ses coéquipiers pour affronter la JSMB, suscitant de nombreuses interrogations. Selon certaines sources, le joueur ressentirait une douleur et aurait préféré ne pas prendre de risques inutiles. D’autres versions évoquent toutefois un malaise lié à la gestion de la crise financière. Harrag n’aurait pas été totalement satisfait du choix de la direction de se contenter d’un demi-salaire pour calmer la situation, un geste jugé insuffisant par certains cadres du vestiaire.
Une stabilité sportive sous haute tension
Si le versement partiel des salaires a permis d’éviter une implosion immédiate, il n’a en rien réglé le fond du problème. Le climat reste fragile et la confiance entre les joueurs et la direction demeure ébranlée. A l’heure où le NAHD est engagé sur plusieurs fronts, la direction est désormais attendue au tournant.
Sans une régularisation rapide et totale des arriérés, le risque est grand de voir la crise s’aggraver, avec des répercussions directes sur les performances sportives. Pour espérer retrouver la sérénité et se projeter vers un redressement durable, le NAHD devra impérativement joindre les actes à la parole et restaurer un climat de confiance aujourd’hui sérieusement entamé.
O. Y.
