26 mai 2026
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Dekimèche, le constat implacable sur le portier local

Malgré un grand chantier au poste de gardien de but depuis que Raïs M’Bolhi, dont la carrière a basculé du jour au lendemain, n’est plus convoqué, les portiers du championnat algérien n’ont pas trop de place dans les listes. Le dernier survivant était Oussama Benbot (USM Alger) qui a décidé d’arrêter la sélection subitement. Et c’était justement parce qu’il a ressenti qu’il ne servait pas à grand-chose à un moment donné. Après cet épisode, Vladimir Petkovic, sélectionneur, a décidé de se tourner exclusivement vers des keepers qui jouent en Europe.

Par Mohamed Touileb

Lors de la parution de la dernière liste des Verts pour le stage de mars, ils étaient 4 derniers remparts retenus par Petkovic. Aucun d’eux ne joue dans le premier palier de son championnat. Pas même Luca Zidane, l’actuel titulaire des Verts, pensionnaire de Granada FC (Liga B/Espagne).

« Certains parlent de Luca Zidane, mais… »

Pour sa part, Melvin Mastil, qui a été aligné pour la première sortie contre le Guatemala, porte les couleurs du Stade Nyonnais FC (Ligue 2 suisse) alors qu’Anthony Mandrea est sociétaire du SM Caen, qui lutte en National 3 (D3 française). Pour ce qui est de Kilian Belazzoug, qui était plus là pour l’initiation, il évolue avec la réserve du Stade Rennais et se produit chaque week-end en cinquième division en France. Le casting n’est donc pas fameux.

Cependant, Khaled Dekimèche, ancien gardien de but international qui a aussi coaché des keepers comme Malik Asselah (passé par la sélection) et Gaya Merbah (présent dans la dernière liste élargie de mars), a une perception nette de cette réalité. Invité de l’émission «Ballon Week» de Dz Match, il est persuadé d’une chose :«Même si aujourd’hui, certains parlent de Luca Zidane, je peux te dire qu’il n’y a aucun gardien de notre championnat qui pourrait jouer ne serait-ce qu’en troisième division du championnat de France».

La longévité de Raïs en somnifère

Aujourd’hui, Petkovic trouve satisfaction dans un Luca Zidane qui a, il faut le rappeler, tout appris au centre de formation du Real Madrid. On ne peut donc pas remettre en question la qualité de l’apprentissage qu’il a reçu dans le domaine. Et Dekimèche va dans ce sens en estimant que «cette situation résulte de la longévité de Raïs M’Bolhi qui est resté pratiquement 14 ans en poste. C’était l’arbre qui cachait la forêt. Les observateurs ne se sont jamais penchés sur la pénurie des gardiens et leur niveau dans notre championnat».

Plus loin, il reconnaît aussi que «le problème ce n’est pas les gardiens eux-mêmes. Il s’agit plus de l’absence de formation de base. A partir de là, il est difficile de percer dans le haut niveau et sur le plan international. Il y a des choses, notamment sur le plan technique, que seul un spécialiste peut déceler. Nos gardiens sont très limités sur ce plan et celui tactique».

La bourde de Chaouchi, reflet de carences

Le placement sur une frappe, la posture des mains sur les parades, le positionnement du corps pour plonger ou intercepter les tirs… tout cela s’apprend dès le jeune âge. On a pu voir cela avec un Faouzi Chaouchi, auteur d’un match stratosphérique contre l’Egypte à Omdourman, mais qui a tout ruiné avec une faute de main assez grave au niveau international contre la Slovénie en Coupe du monde 2010.Cette bourde vient confirmer l’analyse de Dekimèche. Seize ans après, aucun autre portier du cru n’a pu être un titulaire à part entière chez les Verts. M’Bolhi, qui avait pris sa place lors dudit Mondial, avait monopolisé les gants. Cette mainmise était aussi un indice de la médiocrité d’un football local en nette dépression depuis.

M.T.

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