Arrivé lors du dernier mercato avec l’ambition de franchir un cap dans sa carrière, Abdoul Fatahou Ouattara vit aujourd’hui une période délicate, loin des attentes placées en lui. Le milieu de terrain ivoirien, formé au sein du prestigieux ASEC Mimosas, peine à trouver sa place dans un effectif où la concurrence est rude et les choix techniques tranchés.
Dès son arrivée, Ouattara était pourtant perçu comme un renfort capable d’apporter de la créativité et de l’impact dans l’entrejeu des Jaune et Bleu. Mais au fil des semaines, la réalité du terrain s’est révélée bien plus complexe. Le joueur n’a, à ce jour, disputé que 86 minutes en championnat, un temps de jeu insuffisant pour espérer s’exprimer pleinement et s’imposer durablement dans la rotation.
La situation s’est même aggravée ces dernières semaines. L’entraîneur Azzedine Aït Djoudi ne semble plus compter sur lui, comme en témoigne son absence répétée du groupe. Ouattara n’a en effet pas été retenu parmi les 20 joueurs convoqués lors des cinq dernières rencontres de championnat face à l’ES Mostaganem, le CR Belouizdad, l’USM Khenchela, la JS Saoura et le MC El Bayadh. Une mise à l’écart qui en dit long sur son statut actuel au sein de l’équipe.Ce déclassement s’explique en partie par les choix du staff technique. Aït Djoudi lui a préféré des éléments formés au club, à l’image de Bouziani ou encore Bisker. Ces derniers, plus familiers avec les exigences du système de jeu, ont su gagner la confiance du coach, reléguant Ouattara au second plan.
Eviter une fin similaire à celle de Dao et Koné
Malgré ce contexte difficile, tout espoir n’est pas perdu pour le milieu ivoirien. Sous contrat jusqu’en juin 2027, il dispose encore de temps pour inverser la tendance. Mais à l’approche de la fin du championnat, la marge de manœuvre se réduit considérablement. Chaque séance d’entraînement, chaque opportunité, même minime, devra être exploitée au maximum pour convaincre le staff technique de lui accorder une nouvelle chance.Car le précédent existe et il n’est pas rassurant. Avant lui, ses compatriotes Youssouf Dao et Samba Koné avaient eux aussi tenté l’aventure, sans parvenir à s’imposer durablement. Tous deux ont finalement été libérés, quelques semaines seulement avant l’arrivée de Ouattara. Un scénario que ce dernier souhaite à tout prix éviter.Au-delà de son cas personnel, la situation d’Ouattara illustre les difficultés d’adaptation que peuvent rencontrer certains joueurs étrangers en championnat. Entre exigences tactiques, pression du résultat et concurrence interne, l’intégration ne va pas toujours de soi, même pour des profils prometteurs.Pour Abdoul Fatahou Ouattara, l’heure est donc à la réaction. Plus qu’un simple passage à vide, c’est un véritable tournant dans sa jeune carrière qui se profile. S’il veut relancer la dynamique et justifier la confiance placée en lui lors de son recrutement, il devra rapidement inverser la tendance. Dans le cas contraire, son aventure avec les Jaune et Bleu pourrait s’inscrire dans la lignée de celles, éphémères, de ses prédécesseurs ivoiriens.
Habib Medahi
