3 mai 2026

Yacine Adli, désespérément

Il avait balayé d’un revers de main l’idée de jouer pour l’Algérie par le passé. Approché par Djamel Belmadi, ancien sélectionneur, Yacine Adli, actuel pensionnaire d’Al Shabab FC (Arabie saoudite) n’avait montré aucun enthousiasme pour porter la tunique des Verts affichant publiquement son intention de représenter la France car c’était pour lui cela « jouer au plus haut niveau ». Un peu plus de trois ans plus tard, il a changé de posture. Confronté à la réalité qui veut qu’il n’a absolument pas les qualités pour jouer pour les Bleus, il tente un rapprochement désespéré avec l’Algérie. Compliqué car les Algériens n’ont pas oublié.

Par Mohamed Touileb

Beaucoup se souviennent de sa déclaration qui avait sonné comme un « snobing » pour El-Khadra. Alors en prêt chez la Fiorentina, Adli avait été interrogé sur ses objectifs à l’international et son choix de sélection au moment où des rapports concordants affirmaient que Djamel Belmadi l’avait approché pour défendre les couleurs algériennes. Adli n’était pas allé par quatre chemins. « Je crois qu’en tant que joueur, je veux évoluer au plus haut niveau, donc, évidemment, jouer avec la France est un objectif, avait-il déclaré succinctement. Après, j’expliquerai pourquoi, mais ce n’est pas le moment Inutile de me dire que les portes de la sélection (algériennes) me sont (désormais) ouvertes ou non. Avec mes déclarations elles se sont fermées quoi qu’il advienne. J’ai de la fierté et surtout qu’une parole, sûrement mon côté algérien. Que la paix soit sur vous », avait-il indiqué.

Il est où le respect pour l’Algérie ?

Sa sincérité avait plu à certains même si ces mots étaient une rupture définitive. D’autant plus que le concerné a eu l’occasion de se ré-exprimer sur le sujet. Et il a gardé la même approche. En septembre dernier, au moment de rejoindre Al Shabab FC, il avait campé sur sa position en déclarant : « j’avais annoncé mon objectif de jouer pour l’équipe de France. À partir du moment où j’ai pris cette décision, je ne reviens pas dessus, c’est clair. Peu importe que je joue en Arabie saoudite ou en Europe. Pour moi, il n’y a rien qui change et c’est par pour respect pour l’Algérie. »

Avec l’odeur de la Coupe du Monde 2026 qui embaume l’air, le respect semble avoir croisé l’opportunisme sur le chemin et l’ancien joueur du Paris Saint-Germain et des Girondins de Bordeaux avoue avoir fait une erreur dans sa communication. Le rétropédalage, bien propre à bon nombre de binationaux, est là. « J’ai dit que j’aspirais au plus niveau donc avec la France comme objectif mais j’ai un grand respect pour l’équipe nationale algérienne, mes plus grandes joies sportives sont liées à elle, j’ai énormément de respect pour mon pays », indique le milieu de terrain dans un entretien accordé à nos confrères de SportTeam.

Supporteur de l’Algérie à 9 ans, snobeur 10 ans après

Il assure même qu’il est fervent supporteur de l’EN. « Là où j’ai le plus marché dans ma vie, c’est en 2010 (pour la qualification à la Coupe du monde), de chez moi à Villejuif aux Champs-Élysées… », prétend-il en sortant une histoire qui date de 16 ans. Il avait 9 ans à l’époque. Donc c’est plus un parent qui l’a fait marcher. Ce qui importe, ce sont ses décisions à partir d’un âge adulte. Et elles n’étaient pas en faveur de l’Algérie. Quand il a été sondé par Belmadi en 2022, il avait 21 ans. Adli était majeur et vacciné. A cet instant, il pensait qu’il était plus Français qu’Algérie. C’est légitime. Mais il ne sert à rien de faire la girouette quand les vents sont contraires.En dernier recours, pour se défendre, celui qui a « eu une discussion récemment avec Petkovic sur un appel anodin » a tenté de reconnaître qu’il avait tort. « Ce que j’ai dit, je le pensais à ce moment-là. J’ai été sincère donc j’ai dit « je ne suis pas quelqu’un qui va changer d’avis » mais c’est une connerie. Ça m’a desservi, ça me prive d’une chose que je suis légitime à connaître », estime-il. La légitimité, on ne naît pas avec. On la gagne. Et Adli l’a bradée. Avec arrogance et mépris. Il ne s’agit clairement pas de tourner la page car le livre s’était refermé. Au préalable.

M.T.

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