5 mai 2026

Aziz Abbas, un projet contrarié, une probité saluée

 Lorsqu’Aziz Abbas a accepté de reprendre les rênes du NA Hussein-Dey suite à la démission de Farid Zemiti, il ne venait pas en «pompier» de service, mais en bâtisseur. Fort d’une réputation solide, forgée sur le terrain avec des accessions mémorables – notamment au CABBA et à l’USB – le technicien était arrivé avec une ambition claire : mettre en place un projet de fond, structurer le groupe et préparer, dès cette fin de saison, les bases d’une équipe compétitive capable de jouer l’accession l’an prochain. Un contrat moral et sportif passé avec le président Hanied qui, malheureusement, s’est heurté à une réalité administrative et financière bien plus complexe que prévu.

Une intégrité à toute épreuve

Au-delà de ses compétences tactiques, Aziz Abbas a surtout marqué les esprits par son éthique. Alors que le navire husseindéen commençait à tanguer sérieusement, l’entraîneur a fait preuve d’une loyauté rare dans le monde du football. Sollicité avec insistance par les dirigeants de l’USM El Harrach, désireux de le voir prendre la suite de l’entraîneur Abderahmane Osmane, Abbas a opposé une fin de non-recevoir.

Respectueux de son engagement, il a poliment décliné l’offre concrète des Harrachis, expliquant qu’il était lié moralement au NAHD. Refuser une opportunité dans un club historique pour rester fidèle à un projet en crise n’est pas le choix le plus facile, mais c’est celui qui définit l’homme : Aziz Abbas ne déserte pas le combat, surtout lorsque les fondations sont encore en cours de pose.

L’art de faire avec les moyens du bord

Le test le plus révélateur de son dévouement est survenu lorsque la crise des salaires a éclaté. Face à la grève des cadres réclamant leurs dus, le club s’est retrouvé décapité de ses éléments les plus expérimentés. Là où d’autres techniciens auraient sans doute rendu leur tablier, fustigeant le manque de moyens ou le désordre institutionnel, Abbas a fait preuve d’une abnégation totale. Il a retroussé ses manches pour encadrer, former et aligner des U20 propulsés en séniors. Travailler avec des jeunes dépourvus d’expérience est un exercice périlleux qui demande une pédagogie et une patience extrêmes. Abbas a transformé cette contrainte en une leçon de résilience, tenant la barre quand tout semblait s’effondrer.

Un avenir à écrire

Aujourd’hui, alors que le rideau est sur le point de tomber sur cette saison avec l’ultime confrontation face à l’ESM Koléa, Aziz Abbas peut quitter le stade avec le sentiment du devoir accompli. Il aura été l’homme qui aura tenté de maintenir une structure et une dignité sportive au sein d’un club en proie à une instabilité chronique.

Cependant, le départ du président Hanied, son principal interlocuteur et garant du projet initial, change radicalement la donne. Le « projet » qui l’avait attiré au NAHD n’existe plus. Libéré de ses engagements et fort d’une image de marque intacte, Abbas va désormais légitimement se tourner vers de nouveaux horizons. Il étudie les propositions qui lui parviennent, conscient que son nom reste une valeur sûre pour tout club cherchant un entraîneur bâtisseur et capable de transcender les difficultés. Le Nasria perd sans doute, dans cette séparation, un profil rare qui aura tout tenté pour redresser la barre, contre vents et marées.

 O.Y.

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