La démission de Yacine Hanied de la présidence du CSA du NA Hussein-Dey a ouvert une période de transition aussi incertaine que délicate. Si le départ d’une direction est un événement somme toute classique dans le paysage du football algérien, le contexte husseindéen est, lui, particulièrement tendu. Au-delà des questions sportives, c’est le bilan financier- ce fameux « héritage » – qui semble refroidir les ardeurs de potentiels prétendants. Le nouveau patron du Nasria ne s’installera pas dans un fauteuil confortable, mais bien sur un siège éjectable posé sur une montagne de dettes.
Lors de la dernière Assemblée Générale, les chiffres avancés par le bureau sortant ont jeté un froid glacial sur l’assistance. Avec une dette globale avoisinant les huit milliards de centimes, le défi pour le prochain président prend des allures de mission impossible. La problématique est double, voire cruelle pour tout investisseur : comment construire une équipe compétitive pour la saison prochaine tout en étant contraint d’éponger le passif laissé par l’ancienne gestion ?
Un candidat qui arrive avec l’intention d’injecter de l’argent pour le recrutement se retrouve immédiatement face à un mur : il doit d’abord assainir le passé avant de pouvoir financer le futur. Cette réalité financière risque de décourager les profils les moins solides, transformant la succession en un véritable casse-tête institutionnel.
L’urgence de la CRL : Le verrou à faire sauter
Si les huit milliards représentent le passif structurel, une autre plaie, plus immédiate, menace la survie sportive du club : la dette auprès de la Chambre de Résolution des Litiges (CRL). Celle-ci dépasse le milliard de centimes et concerne notamment des anciens joueurs et techniciens, tels que Chibane, Mekhazni et Benkedjoune.
Cette dette-là n’est pas une simple ligne comptable, c’est un couperet. Tant qu’elle ne sera pas épongée, le NAHD restera sous le coup d’une interdiction de recrutement. Pour une équipe qui a besoin de se reconstruire et de redonner de l’espoir à ses supporters, être privée de la possibilité d’enregistrer de nouvelles recrues serait une condamnation immédiate à l’échec. C’est donc la priorité des priorités : trouver, dans l’urgence, les fonds nécessaires pour libérer le club de cette entrave administrative.
La promesse de Hanied
Face à cette situation critique, la posture de Yacine Hanied, le président démissionnaire, apporte une nuance importante. Lors de la lecture des bilans financiers, il a tenu un discours empreint de responsabilité, affirmant qu’il ne souhaitait pas faire pression sur ses successeurs.
Conscient que la situation est complexe, il s’est dit ouvert à un échelonnement de la dette. Une main tendue qui pourrait s’avérer salvatrice. Cet échelonnement permettrait, sur le papier, de donner une bouffée d’oxygène au futur bureau directeur, lui laissant une marge de manœuvre pour débuter la préparation de la saison.
O.Y.
