Le football est souvent une affaire d’opportunités saisies au vol et le cas de Fellag en est l’illustration parfaite. Tout a commencé par un simple concours de circonstances, une suspension d’un match pour cumul de cartons qui a contraint Haddad à céder sa place dans l’entrejeu. Ce qui ne devait être qu’un intérim de courte durée s’est transformé en une véritable passation de pouvoir. Fellag a su profiter de cette fenêtre de tir pour démontrer l’étendue de sa palette technique et son abattage physique, s’imposant comme la nouvelle sentinelle inamovible du dispositif de Chérif Hadjar. Depuis ce RDV réussi, le milieu récupérateur ne cesse de monter en puissance. Sa capacité à ratisser les ballons et à stabiliser le bloc Koubéen a rendu l’absence de Haddad quasiment invisible au fil des matches surtout après sa belle prestation à Oran. Fouad Hadad, freiné par une blessure persistante qui l’éloigne de la feuille de match depuis plus de trois rencontres, assiste désormais à l’éclosion d’un concurrent qui ne compte plus rendre son dossard. La force du RCK dans ce sprint final réside justement dans cette profondeur de banc surtout en milieu de terrain où les remplaçants ne se contentent pas de boucher les trous, mais apportent une réelle plus-value. Fellag apporte une sérénité nouvelle et une agressivité saine qui rassurent ses partenaires de la défense. Dans un milieu de terrain où l’impact physique est primordial pour aborder les play-offs, son éclosion tombe à point nommé pour le Raed. La hiérarchie est bousculée par la vérité du terrain et Fellag prouve que dans le football, le statut ne protège personne face à l’ambition et à la forme du moment.
M.A.
