Le rideau tombe sur la saison du NA Hussein-Dey avec un constat qui fait mal à tous les amoureux du club : le Nasria a tout simplement gâché l’une des opportunités d’accession les plus abordables de son histoire récente. Alors que le niveau global du groupe Centre-Ouest n’avait rien d’insurmontable, à l’image d’un CRT qui termine sur le podium sans pour autant afficher une supériorité technique flagrante, le club banlieusard a sombré par sa propre faute.
Par Omar Yahiaoui
Disposant pourtant de l’un des meilleurs effectifs du palier, le NAHD a été sabordé par une gestion administrative erratique et des choix de direction qui ont tué dans l’œuf toute ambition sportive dès les premiers mois de compétition.
L’instabilité technique comme moteur du déclin
Le mal absolu de cette saison restera sans aucun doute l’instabilité chronique qui a régné sur le banc de touche, transformant le poste d’entraîneur en siège éjectable. La valse a débuté avec Mohamed Benchouia, remercié après seulement deux mois d’exercice, avant de laisser place à Mustapha Biskri qui n’a pas tenu plus de trente jours. Le passage éclair de Farid Zemiti, encore plus court, a fini de déstabiliser un groupe de joueurs déjà en perte de repères. Ce n’est qu’avec l’arrivée d’Aziz Abbas que l’équipe a retrouvé un semblant d’équilibre pour terminer la saison avec une réussite relative, confirmant au passage un paradoxe troublant qui colle à la peau du club. Comme lors de l’exercice précédent avec Abdelkader Iaïche, c’est systématiquement le dernier entraîneur engagé dans l’urgence qui obtient les meilleurs résultats et stabilise la barque. Cette répétition prouve que le talent était bel et bien présent au sein du vestiaire, mais que le cadre de travail, faute de moyens financiers et de rigueur managériale, était totalement inexistant. En refusant de miser sur la continuité et en multipliant les erreurs de casting, la direction a privé le Nasria d’un retour en Ligue 1 qui lui tendait pourtant les bras.
Le mirage des play-offs et les regrets d’un effectif gâché
Aujourd’hui, le regret est immense car avec un minimum de sérieux et de vision à long terme, le NAHD n’aurait pas seulement pu jouer les play-offs, il aurait dû survoler son sujet. La qualité intrinsèque des joueurs permettait de prétendre à bien mieux qu’une place de milieu de tableau, surtout face à une concurrence qui n’était pas forcément plus armée financièrement ou techniquement. Le manque de régularisation des cadres et les promesses non tenues ont fini par user la patience des joueurs les plus expérimentés, provoquant des retraits en fin de cycle qui auraient pu être évités avec une gestion plus humaine et professionnelle.
Cette démobilisation forcée a laissé un vide que les jeunes ont tenté de combler, mais le mal était déjà fait. Le club a payé cash son manque de domiciliation fixe et ses errements logistiques, des détails qui, mis bout à bout, font la différence entre un prétendant sérieux et une équipe qui subit son championnat. On ne peut pas viser l’élite avec une organisation de quartier, et cette saison en est la preuve par l’absurde.
O. Y.
