Et si on partait conquérir le monde à vélo !?
Le coup de starter de la 24e édition du Tour d’Algérie cycliste (TAC-2024) a été donné dimanche dernier à Oran, avec le déroulement de la première étape reliant la ville d’Oran à Sidi Bel Abbès sur une distance de 142 km et en présence de 77 coureurs représentant 16 équipes. Aujourd’hui le Tour d’Algérie en est à sa cinquième étape, la caravane est à Blida devra rallier Bouira. Une très belle étape en perspective, belle dans le sens touristique du terme, notre grand et beau pays offre des paysages à couper le souffle.

Par Mustapha Ouaïl
Maintenant sur le plan purement sportif, il revient à Youcef Reguigui et Hamza Yacine de nous montrer toute l’étendue de leur talent. Mais là, n’est pas vraiment l’objet de nos préoccupations. Celles-ci sont nombreuses. Bon, disons-le tout de suite, que ce 24e Tour d’Algérie s’est élancé, c’est déjà une excellente chose pour notre Petite Reine nationale. Ceci étant dit, il nous revient de dire clairement qu’au vu du potentiel immense de notre pays, on est en droit d’exiger encore plus et encre mieux. Ici, nous interpellons, les autorités sportives du pays, autrement dit, le Ministère de la jeunesse et des sports ainsi que le Comité Olympique Algérien. Mais qu’est-ce qui nous empêchent d’avoir un Tour classé World Tour par l’UCI (l’Union Cycliste Internationale) ? Pourquoi devrons-nous nous contenter d’un Africa Tour ?
Des pays comme les Emirats Arabes Unies, Oman ; l’Arabie Saoudite ou encore le Bahrein, attirent dans leur Tours, le gotha du cyclisme mondial. Pourtant, à ce que l’on sache, ces pays n’ont pas de traditions cyclistes comme nous en avons, nous ! Des vainqueurs d’au moins un des trois grands tours au monde viennent débuter leur saison à un de ses Tours. On a vu dans un passé récent, Vincenzo Nibali, Alberto Contador ou encore Primoz Rogliç participer tantôt au Tour d’Oman et tantôt au Tour des Emirats quand ce n’est au Tour de l’Arabie Saoudite. Pourquoi donc, l’Algérie, notre grand et beau pays ne fait pas de même ?
Les meilleurs courses d’Afrique
Oui, nous avons les meilleures courses d’Afrique, du moins les meilleures cotes. Mais, ce n’est pas parce que nous avons plus de courses que les autres qu’il faut dormir sur ces lauriers. Il nous faut davantage de lumière pour notre Tour d’Algérie soit visible dans le monde. Pour ce faire, il faut absolument dégager un budget conséquent. Ce qui est, normalement faisable au vu de la relance économique qu’amorce notre pays. Quand on voit les sommes colossales englouties par certains clubs de football pour un résultat égal à zéro, on se dit, monter une équipe cycliste avec une licence Pro Tour (ce que fait actuellement le Holding Madar) faire le forcing pour se faire inviter sur un des trois grands Tours, que sont le Tr de France, le Tour d’Italie et le Tours d’Espagne. Faire le forcing en déployant ce que nous appelons communément et depuis peu, le lobbying sportif. Certains pays le font et ont même des équipes invitées dans les trois grands Tours. Pourquoi donc ce grand pays qui est le nôtre, ne le soit pas ? Nous espérons que ceux qui ont à charge le développement et l’épanouissement du sport consentent à faire un effort allant dans le sens de replacer le cyclisme algérien dans le gotha mondial. C’est faisable nous en avons l’intime conviction.
Un départ du Tour d’Italie à partir de l’Algérie, pourquoi pas ?
Ces dernières années, l’Algérie et l’Italie ont signés plusieurs accords commerciaux. « Les volumes de gaz exportés vers l’Italie vont augmenter de 9 milliards m3/an à partir de 2023/2024, à la faveur de l’accord signé, le 11 avril dernier à Alger par les P-DG des groupes Sonatrach et Eni. » C’est que nous apprends l’agence officielle, l’APS au sujet de ces accords qui, nous apprends aussi que « L’Algérie et l’Italie s’inscrivent également dans la perspective de l’élargissement de ce partenariat à d’autres domaines d’activités. Il s’agit, entre autres, de l’industrie mécanique, de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, du tourisme et de la culture. » Là, on peut également se demander pourquoi on ne parle pas sport ? En marge de ces accords colossaux, on aurait bien pu demander à ce que le Giro (Tour d’Italie) fasse un effort pour que le départ de 2024 ou 2025 et pourquoi pas même si on va attendre 2026 ou 2027, soit donné à partir d’une ville Algérienne. Une première étape d’une course en ligne ou même un prologue de grand Tour donnerais un coup de pouce médiatique extraordinaire pour notre pays. Ceci est largement faisable à notre sens, sachant que le sponsor majeur du Giro est ENEL, un géant Italien de l’énergie… comme quoi ! Oui c’est faisable il faut juste oser et mettre de sérieux arguments sur la table.
M. O.
