La gestion d’un club de football de l’envergure du NAHD ne s’apparente pas à la tenue d’un commerce de quartier, et son président actuel, Yacine Hanied, tient fermement à le rappeler. Alors que les coulisses du Nasria s’agitent au rythme des rumeurs de reprise et des promesses d’investissements salvateurs, le premier responsable du club a fermement cadré le débat autour de la délicate question des bilans financiers. Face aux sollicitations insistantes de divers intermédiaires, Hanied a opposé une fin de non-recevoir au déballage public, opposant la rigueur institutionnelle aux discussions de comptoir.
Par Omar Yahiaoui
Depuis plusieurs jours, la pression montait autour de la direction pour la transmission des bilans comptables des deux précédentes saisons. L’argument avancé par les demandeurs ? Pouvoir soumettre ces documents à d’éventuels repreneurs ou sponsors désireux d’injecter des fonds pour éponger les dettes du club. La réplique de Yacine Hanied ne s’est pas fait attendre. Le président a été on ne peut plus clair : les bilans financiers sont bel et bien prêts, ficelés et clôturés depuis un certain temps. Cependant, il refuse catégoriquement que ces documents administratifs hautement confidentiels soient jetés en pâture sur la place publique ou remis au premier venu sous prétexte de «facilitation». Pour la direction, exposer la comptabilité du club dans la rue ou l’abandonner à des cercles non initiés- qui n’ont souvent aucune compétence en gestion financière- relève du non-sens absolu et de l’amateurisme.
La transparence derrière les portes de la direction
Loin de vouloir dissimuler l’état réel des finances du Nasria, Yacine Hanied a tracé la seule feuille de route légitime pour quiconque souhaite auditer le club. Les portes de la direction sont ouvertes. Tout investisseur sérieux, porteur d’un projet concret et crédible, est invité à se présenter officiellement au siège du club. C’est là, et nulle part ailleurs, que les données chiffrées seront partagées. Pour prouver sa bonne foi et l’exactitude des comptes professionnels établis, le président du NAHD va encore plus loin : il affirme que les repreneurs et sponsors potentiels pourront non seulement consulter les pièces administratives sur place, mais également s’entretenir directement avec le commissaire aux comptes du club. Cette démarche, hautement professionnelle, garantit la vérification et la certification de la véracité de chaque centime inscrit dans ces bilans, loin de l’effervescence et des approximations des réseaux sociaux. Cette mise au point rigoureuse de la part de Hanied intervient dans un contexte bien précis. Des informations récentes ont fait état de la volonté de l’ancienne gloire du club, ChaâbaneMerzekane, d’obtenir ces fameux bilans financiers des deux derniers exercices. L’ancien international se disait prêt à faire l’intermédiaire pour soumettre le dossier d’actifs et de passifs à deux grandes entreprises nationales, disposées à venir en aide au Nasria.
Si l’intention de l’ancienne figure des Sang et Or peut sembler louable au vu de la crise étouffante que traverse le club, la méthode, elle, péchait par son manque de formalisme. En rappelant que le NAHD dispose de structures officielles, d’un secrétariat général et de canaux de communication réglementaires, Yacine Haniedprotège l’institution contre l’ingérence des intermédiaires. Le message est désormais limpide : si de grandes sociétés veulent réellement investir au NAHD, leurs émissaires savent exactement où se situe le bureau du président et le cabinet du commissaire aux comptes.
O.Y.
