L’heure est aux grandes manœuvres au NA Hussein-Dey, mais le peuple des Sang et Or a déjà choisi son camp. Suite à la démission officielle du président Yacine Hanied, le fauteuil de commandement du Nasria aiguise les appétits, provoquant une cascade de rumeurs qui secoue les fiefs historiques du club, de Leveilley jusqu’aux artères animées d’Hussein-Dey. Face aux bruits de couloir annonçant l’intérêt d’anciens dirigeants de clubs rivaux- à l’instar de Mohamed Malek, l’ex-président du CR Belouizdad-, la rue husseindéenne oppose un non catégorique. Pour les supporters et les forces vives du club, l’avenir du NAHD ne peut s’écrire qu’avec un enfant de la maison, et un nom fait aujourd’hui l’unanimité absolue : Meziane Ighil.
A Hussein-Dey, le football transcende le simple cadre sportif ; il s’agit d’une question d’identité, de principes et d’héritage. Le profil de Meziane Ighil, figure emblématique et monument du club, incarne parfaitement cette philosophie que les fans refusent de voir bradée. Pour la communauté du NAHD, confier les clés de la maison à des dirigeants n’ayant aucune attache historique avec le Nasria serait une erreur stratégique et un affront à l’histoire du club. L’expérience de Malek au CRB, bien que respectable, ne correspond pas à l’ADN que les supporters exigent pour la reconstruction. L’identité du NAHD est unique, basée sur la formation et un esprit de corps bien précis, et seule une personnalité imprégnée de ces valeurs de l’école husseindéenne est jugée légitime pour piloter la transition.
Ouverture oui, mais dissolution dans le moule du Nasria
Ce nationalisme de club affiché par les supporters ne relève pas pour autant d’un repli sur soi aveugle. Le message des fiefs du NAHD est on ne peut plus clair : toute bonne volonté, tout investisseur ou tout dirigeant désireux d’apporter sa pierre à l’édifice est le bienvenu à Hussein-Dey. Cependant, il y a une condition sine qua non à cette ouverture. Quiconque souhaite rejoindre l’organigramme devra impérativement se dissoudre dans le moule traditionnel du Nasria, accepter ses codes et s’effacer derrière l’institution. Il n’est plus question de laisser place à des guerres d’ego ou à des agendas personnels qui ont tant coûté au club par le passé. L’heure est à l’union sacrée sous la bannière d’un leadership local incarné par Ighil.
Si l’exigence populaire est aussi élevée, c’est que la situation sportive du club exige un traitement de choc. Le NAHD s’apprête à entamer sa cinquième année consécutive dans l’antichambre de l’élite, un purgatoire en Ligue 2 qui n’a que trop duré pour un club de cette envergure. L’unique et obsessionnel objectif de la saison à venir est le retour immédiat en Ligue 1 Mobilis. Pour mener à bien cette mission commando, le peuple d’Hussein-Dey est convaincu que Meziane Ighil possède la poigne, la connaissance du terrain et la légitimité nécessaires pour unifier toutes les factions, stabiliser l’effectif et ramener le Nasria à sa juste place dans le concert du football national.
Les Sang et Or illuminent le front de mer pour les 79 ans du club
Les supporters du NA Hussein-Dey ont finalement tenu à honorer l’histoire. Malgré une période sportive particulièrement délicate et un enthousiasme en berne, les amoureux du Nasria se sont mobilisés pour célébrer dignement le 79e anniversaire de la création de leur club de cœur, fondé un 15 juin 1947 dans le quartier historique de Leveilley. Un groupe de fidèles s’est ainsi donné rendez-vous en fin de journée sur le front de mer d’Alger pour un craquage de fumigènes symbolique. Si l’affluence n’égalait pas les grandes heures de communion du club, les fans ont farouchement tenu à marquer le coup. Une manière de rappeler à tous que le grand NAHD, malgré les turbulences, reste bien vivant dans le cœur des Algérois.
Fumigènes et vent de fronde vers Bensiam
L’ambiance était électrique hier soir à Hussein-Dey, où l’anniversaire du club a rapidement pris une tournure beaucoup plus revendicative. Un second craquage massif de fumigènes était programmé à 20h pile à travers les artères de la commune pour illuminer le ciel aux couleurs du Nasria. En marge des festivités, la colère des supporters face à la gestion actuelle a refait surface. Plusieurs groupes de fans ont activement partagé l’idée d’organiser une marche pacifique direction le centre d’entraînement de Bensiam. L’objectif est clair : mettre les dirigeants actuels face à leurs lourdes responsabilités et exiger des mesures immédiates pour rendre son lustre d’antan à ce monument du football national.
O.Y.
