Pour l’instant, on ne sait pas qui sera sur le banc de l’Algérie à la reprise en septembre prochain. L’avenir de Vladimir Petkovic est toujours sur le table de la Fédération algérienne de football (FAF). L’idée de confier la sélection à des techniciens locaux prévaut. Les noms d’Anthar Yahia, Karim Matmour et Rafik Saïfi sont évoqués. L’idée n’emballe pas spécialement Noureddine Zekri qui préfère avertir la FAF afin qu’elle ne commette pas les erreurs du passé.
Par Mohamed Touileb
Toujours aussi franc, voire frontal, Zekri a évoqué sans ambages la situation que traverse l’équipe nationale au sortir de la Coupe du Monde 2026 dans laquelle les Verts version Petkovic n’ont pas vraiment séduit dans le contenu. Concrètement, sous la houlette du Suisso-Bosnien, l’objectif tracé par la FAF, à savoir passer au second tour du Mondial 2026, a été atteint.
Zekri vante son efficacité et fait un appel du pied
A ce propos, Zekri est tombé dans une première contradiction lorsqu’il a rappelé qu’ « en 26 ans, à chaque fois que je prends un club, j’atteins ses objectifs. Que veulent-ils plus que ça ? Quand on me donnait des clubs qui sont taillés pour remporter des titres je l’ai fait. Comme ce fut le cas avec l’ES Sétif (Ligue des Champions CAF en 2010 notamment et la Coupe d’Algérie 2010 ainsi, NDLR). Quand on m’a confié des clubs en Arabie saoudite pour assurer leur maintien et que la mission était quasi-impossible, je l’ai fait malgré les délais courts. Personne ne peut dire le contraire ».
Le fait est que Petkovic a dirigé 33 matchs sur ses deux ans sur le banc des « Fennecs ». C’est en moyenne le nombre de matchs que peut disputer un entraîneur avec un club en 8 mois. Cela ne reste pas transposable sachant qu’un sélectionneur n’a pas ses joueurs sous la main quotidiennement pour espérer mettre en place une idée de jeu nette.
La méthode du club pas transposable en sélection
D’ailleurs, dans sa plaidoirie, Zekri relève un deuxième détail contradictoire lorsqu’il parle de l’expérience de Carlo Ancelotti aux rênes techniques du Brésil. « Ancelotti est un excellent entraîneur en clubs mais comme sélectionneur, il n’a pas eu le temps pour faire passer ses idées de jeu à ses protégés de la sélection du Brésil », juge Zekri à l’égard d’un coach qui a dirigé l’Auriverde à 17 reprises depuis son intronisation en mai 2025. La richesse de l’effectif est bien meilleure que celle d’El-Khadra. Mais l’Algérie lui a bien trouvé des circonstances atténuantes.
Et puis, si Ancelotti n’a pas pu trouver la formule pour greffer le travail en clubs sur une équipe nationale, comment Zekri réussirait à le faire ? Lui qui assure qu’il est le meilleur coach algérien en activité et qu’il a la légitimité de prétendre au poste de sélectionneur. En effet, il assure être « le meilleur entraîneur Algérien. Je ne suis pas local car je suis un entraîneur italien car mes licences sont italiennes. Donc oui, parmi les coachs algériens, personne n’a un meilleur CV que le mien ni les diplômes ».
La génération Omdurman n’a pas les compétences
Le mode de recrutement que prône la FAF n’est pas du goût de l’ex-entraîneur d’Al Shabab FC. Ce dernier pense que l’idée de placer d’anciens joueurs de la génération 2010 n’est pas forcément une bonne idée. « Après avoir fait de la sélection otage de la génération des années 80, ils veulent faire de même avec la génération d’Omdurman. Matmour, Anthar Yahia et Madjid Bougherra n’ont ni les diplômes requis ni l’expérience. Il faut d’abord qu’ils travaillent et fassent leurs preuves », conteste-t-il.
Pour lui, il y a des signes qui ne trompent pas. « Bougherra a connu la relégation avec un club du Qatar et un autre aux Emirats arabes unis. Même le Liban n’a pas pu se qualifier en Coupe d’Asie sous ses ordres. C’est grâce à l’Algérie qu’il a bâti sa réputation (allusion faite à son passage chez l’EN A’) », rappelle Zekri. Pas faux. Mais bon, l’argumentation globale ne tient pas forcément la route tant le football et les success story n’obéissent pas tout le temps à la logique.
M. T.
