Les essors du handball égyptien ne font qu’accroître le discrédit des dirigeants algériens de la même discipline, réduisant à néant toutes les facéties et les prétextes derrière lesquels ils se suppriment à chaque échec.
Chez nous, après chaque désillusion, on ressasse la même chanson : manque de préparation, nomination tardive du staff technique, conditions difficiles… donc autant de boucs émissaires sur lesquels ils rejettent la responsabilité d’années d’échecs. Sauf qu’aujourd’hui, on ne parle plus de manque financier car l’Etat a mis tout ce qu’il faut à la disposition de toutes nos équipes nationales. Aujourd’hui, on se pose plusieurs questions : pourquoi et comment l’Égypte est devenue une nation très forte en handball et même dans d’autres disciplines ?
Dispose-t-elle d’un budget aussi faramineux que toutes les nations européennes ?
L’incontestable révolution du handball féminin en Egypte a pris effet il y a environ une quinzaine d’années, après mûre réflexion. Suite aux résultats négatifs des séniors filles à Rabat à la CAN de 2012, l’instance égyptienne de la petite balle a décidé de se retirer de la CAN car ce pays ne veut pas faire de la figuration. On efface tout et on recommence, clame-t-on du côté des Pyramides. Dès lors, tout un travail incommensurable est né en Egypte pour les équipes nationales féminines. Les U18 n’existaient pas en 2012, ni même les autres petites catégories et c’est toute une institution qui est en marche pour un travail à long terme qui durera une décennie. Une décennie qui a porté ses fruits puisqu’aujourd‘hui, l’Égypte s’impose sur la scène mondiale grâce à un ensemble de ressources humaines qui, pour la plupart des bénévoles, ont servi le handball tandis que chez nous, des têtes pensantes se sont bien servis de notre handball. La différence est là. Une différence qui a fait naître le vestibule du mal dans lequel vit aujourd’hui le handball national. Le mal n’est pas sur l’aire de jeu mais autour de ceux qui prônent le régionalisme dans une Algérie unie et indivisible. Oui, le régionalisme a fait et fait toujours beaucoup de mal au handball algérien. Le mal n’est pas sur le terrain car il y a environ 48 ans, notre équipe nationale féminine des seniors était championne des Jeux Africains. L’Egypte a terminé à la dernière place avec aucune victoire. 48 ans plus tard, l’Egypte bat les plus grandes nations au monde et l’Algérie devient la risée de la planète. Vice-championne d’Afrique en 1996 au Bénin, l’Algérie perd en finale contre les Ivoiriennes dans une CAN où l’Egypte et la Tunisie n’existaient même pas. Aujourd’hui, Tunisiennes et Egyptiennes nous battent à l’aise et ce n’est pas normal. C’est le même cas chez nos garçons. Comment expliquer que Derouaz remporte la 1re CAN et va dominer le continent pendant une décennie et que, 45 ans plus tard, on se fait battre par le Cap-Vert, le Gabon et la Guinée ?
Parce qu’à cette époque-là, le régionalisme n’existait. Les membres fédéraux n’exerçaient pas la double fonction mais avaient un niveau intellectuel qui se frayait un chemin parmi les érudits de la planète. Aujourd’hui, il faut le dire clairement : des membres fédéraux sont à la fédération pour servir le ou les clubs de leur wilaya et mettent de côté, la mission à laquelle ils doivent se soumettre. Triste désolation !
S. L.
