25 octobre 2026

50 ans après, la remontada entre dans la légende

Boukholda, Bangoura et Bayazid, nouveaux héros d’une remontada historique, au terme d’une seconde période de caractère, portée par les Chnaoua et marquée par les choix payants de Khaled Benyahia. Il y a des victoires qui dépassent le simple cadre d’un match. 

Par Rafik Rabhi 

Des soirées où le Mouloudia d’Alger rappelle à tous que son histoire est faite de renversements de situation, de courage et de moments qui traversent les générations. Cinquante ans après la remontada de 1976, marquée par les exploits de Bellemou, Zenir et Bousri, le MCA a de nouveau écrit une page pleine d’émotions. Trois buts inscrits en seconde période, une équipe qui refuse de céder, un public qui pousse jusqu’au bout : le scénario a réveillé les souvenirs et fait vibrer les Chnaoua.

De 1976 à 2026, la même flamme !

En 1976, Bellemou, Zenir et Bousri avaient associé leurs noms à une remontée restée gravée dans la mémoire mouloudéenne. Un demi-siècle plus tard, ce sont Boukholda, Bangoura et Bayazid qui ont endossé le costume des héros du jour. Les noms changent, les générations se succèdent, mais l’ADN du Mouloudia demeure : ne jamais renoncer même lorsque le scénario semble lui échapper. Il fallait du caractère pour renverser la situation. Il fallait également de la lucidité, de la solidarité et cette force mentale qui permet à une équipe de repartir à l’assaut lorsque le doute menace de s’installer. Le MCA a trouvé les ressources nécessaires pour transformer une rencontre mal engagée en une soirée de délivrance. Trois buts en deuxième mi-temps, comme un clin d’œil de l’histoire, ont suffi à rallumer la flamme et à offrir aux supporters une qualification obtenue au prix d’un véritable combat.

De Bellemou, Zenir et Bousri à Boukholda, Bangoura et Bayazid : l’histoire se répète

Dans ce scénario renversant, Boukholda, Bangoura et Bayazid ont inscrit leurs noms au cœur d’une performance collective qui restera dans les mémoires. Chacun a contribué à cette seconde période où le Mouloudia a retrouvé son allant, son agressivité offensive et surtout sa conviction. Le plus remarquable n’est pas seulement d’avoir marqué trois fois, mais d’avoir su garder le cap malgré les obstacles. Même le penalty manqué par Bangoura n’a pas fait dérailler la machine mouloudéenne. Cet épisode aurait pu semer le doute et casser la dynamique. Il n’en a rien été. L’équipe a continué à avancer refusant de se laisser détourner de son objectif. C’est aussi dans ces moments que se mesure la force mentale d’un groupe : savoir encaisser un coup dur sans perdre le fil du match.

Benyahia, le coaching qui change la donne

Cette remontada porte également la marque de Khaled Benyahia. Ses choix et ses ajustements ont pesé dans le déroulement de la rencontre. L’incorporation de Boukholda, Kohili, Gassi, Bayazid et Azaizia a apporté de nouvelles solutions et contribué à redynamiser le jeu mouloudéen. Le coaching a ainsi accompagné le changement de rythme d’une équipe qui avait besoin de fraîcheur, d’impulsion et de nouvelles possibilités pour faire sauter le verrou adverse. Dans une rencontre où chaque détail compte, les changements ont participé à la transformation du visage du MCA en seconde période. Le mérite revient au staff d’avoir su intervenir mais aussi aux joueurs entrés en cours de jeu d’avoir répondu présent au moment décisif.

Les Chnaoua, le douzième homme

Impossible, enfin, de raconter cette qualification sans évoquer les Chnaoua. Leur soutien a accompagné l’équipe dans les moments difficiles et nourri cette volonté de renverser le cours des événements. Pour le peuple mouloudéen, ces soirées ont une saveur particulière, elles rappellent que le maillot vert et rouge est aussi porté par des milliers de supporters qui ne cessent d’y croire. Cinquante ans après les héros de 1976, le Mouloudia a donc retrouvé le goût d’une remontada qui fait battre les cœurs. Boukholda, Bangoura et Bayazid ont pris le relais de Bellemou, Zenir et Bousri, tandis que Benyahia a apporté sa contribution depuis le banc. Une qualification arrachée avec les tripes, malgré les difficultés et le penalty manqué, grâce à la force du collectif et la ferveur des Chnaoua. Au Mouloudia, les grandes histoires ne se racontent pas seulement avec des trophées. Elles s’écrivent aussi dans ces secondes périodes où tout bascule, où le doute cède la place à l’espoir et où trois buts suffisent à faire ressurgir cinquante ans de mémoire. En 1976 comme en 2026, le Mouloudia a rappelé une vérité essentielle : tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti, il ne faut jamais l’enterrer.

R. R. 

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