4 novembre 2026
FAF

Petkovic, un chèque et beaucoup de spéculations

Même si les commandes techniques de l’Algérie ont été reprises par Brahim Hemdani, le dossier de Vladimir Petkovic, ancien sélectionneur des Verts, a ressurgi. Si la Fédération algérienne de football (FAF) a laissé entendre que le technicien Suisso-Bosnien n’a touché que trois mois de salaires en guise d’indemnisations de résiliation, des rumeurs laissent croire que l’instance fédérale a été « saignée » par l’ex-driver des Verts. Analyse de la situation.

Par Mohamed Touileb

La démarche avait tout de risquée. Elle était sans garanties. Avant d’amorcer la campagne de la Coupe du Monde 2026, la FAF décidait de prolonger Petkovic sur le banc des « Fennecs » avec un bail reconduit de deux ans au risque de devoir le résilier si jamais le parcours au Mondial n’est pas convaincant.

La FAF a manœuvré pour limiter la casse

L’objectif assigné était mentionné noir sur blanc : l’Algérie devait atteindre le second tour de la messe planétaire. A défaut de quoi, la collaboration prendrait fin. Finalement, les Verts ont pu passer la phase de groupes se faisant éliminer par la Suisse en seizièmes de finale. La prestation était désastreuse. Evidemment, les critiques étaient là. Le constat était unanime : Petkovic n’avait pas convaincu de sa capacité à sublimer l’EN.

Par la suite, la structure fédérale avait soumis son avenir à un collège technique qui a feint de le maintenir en poste car sa mission a été remplie en atteignant la phase à élimination directe. C’était une manœuvre pour que Petkovic ne plaide pas le licenciement abusif auprès de la FIFA. La FAF a donc opté pour la diversion même si – en interne – tout était mis en œuvre pour pourrir la vie au successeur de Djamel Belmadi et le pousser à s’en aller. L’organe qui gère la balle ronde Dz savait que maintenir Petkovic n’était pas la plus lucide des décisions. Dans cette optique, elle devait trouver une manière pour lui faire comprendre qu’il aura à remplir certaines conditions « dissuasives » comme rester en Algérie 3 semaines sur quatre. Chose que Petkovic ne faisait pas et n’envisageait pas de faire. Par conséquent, il s’est résolu à s’en aller contre un chèque d’environ 550 000 euros soit trois mensualités sur les bases de son nouveau salaire passé de 140 000 à 185 000 euros/mois.

L’indemnisation n’est jamais encaissée d’un coup

Le dossier était donc clos. Mais voilà que certaines rumeurs assurent que Petkovic a eu droit à l’intégralité de la compensation financière pour la résiliation. Chose qui est clairement infondée. En effet, le dédommagement ne se fait pas d’une manière aussi simple même dans le cas de rupture unilatérale. Il se pourrait que la FAF continue à payer le technicien tant qu’il n’a pas trouvé de club ou de sélection. D’ailleurs, selon les dernières informations, Petkovic était en tractations avec l’Udinese qui a fini par signer Paolo Zanetti lundi.

Dans tous les cas, selon le règlement de la FIFA, il y a des modalités de paiement à suivre. Ainsi, il est stipulé que « si l’entraîneur retrouve un club (affilié à la FIFA ou non) avant l’échéance initiale de son ancien contrat, les sommes qu’il perçoit dans sa nouvelle fonction sont généralement déduites, en tout ou en partie, des indemnités ou salaires résiduels dus par son ancien employeur. »

Le bilan financier de la prochaine AGO de la FAF sera scruté

Cela veut dire que la FAF devra payer la différence du salaire chaque mois si Petkovic est employé ailleurs. A titre d’exemple, s’il émarge à 100 000 euros dans sa nouvelle fonction, la FAF paiera les 85 000 euros restants. L’addition des deux montants correspondra à la mensualité qu’il devait percevoir avec l’Algérie. Dans tous les cas, la lumière sera définitivement mise à ce sujet lors de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) de la FAF au moment de présenter le bilan financier de la saison écoulée. L’indemnité versée à Petkovic devra figurer sur l’ardoise des dépenses. Néanmoins, nous sommes en mesure d’assurer que Petkovic n’a pas touché 4.5 millions d’euros comme on veut le faire croire ici et là. Affaire à suivre…

M. T.

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