Au sortir du match MCO-ESBA, l’entraîneur de Ben Aknoun, Billel Dziri s’est exprimé sur cette rencontre ô combien importante pour les deux équipes qui luttent acharnement pour leur maintien en Ligue 1. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Monsieur Dziri, fidèle à sa ligne de conduite, a montré qu’il avait un peu d’avance sur le football algérien.
Par Mustapha Ouaïl

Nous ne parlerons pas ici de l’aspect ou des compétences techniques de Billel Dziri, celles-ci restent à l’appréciation des seuls techniciens. Nous voulons revenir ici sur la sagesse de cet homme qui parcourt les stades et les terrains du pays depuis une quarantaine d’années. Oui, disons-le sans ambages, Billel Dziri a de l’avance sur le football algérien. L’homme connait sur le bout des doigts ce football dont il a été la star des années durant. Joueur, Billel Dziri avait une vision du jeu bien au-dessus de la moyenne et son QI du foot était largement supérieur à ses pairs. Aujourd’hui, assis sur le bord du terrain, sa vision s’est élargie, ses réflexions sont d’une perspicacité sans commune mesure. Pour revenir à sa dernière sortie médiatique, l’entraîneur de l’ES Ben Aknoun est d’une promptitude extraordinaire : «Ce match a été présenté comme étant un match de vie ou de mort, ce n’est pas normal qu’on l’ait défini ainsi car ce n’est que du football et la victoire ne vaut que trois points, pas un de plus. Le MCO a gagné, bravo à eux». Bravo ya Cheikh ! C’est ce que nous avons envie de dire devant une telle sagesse. Oui, certains, pyromanes à leurs heures perdues ont présenté ce match comme le match d’une vie. D’autres, certainement plus chauvins que sincères, ont dit que cette rencontre ne devrait avoir qu’une seule issue, la victoire ou la mort. Lui, l’homme au 500 matchs de Ligue 1 joués aux quatre coins du pays, s’étonne que l’on développe cette thèse et il le dit haut et fort : «Ce n’est pas normal qu’on le définisse ainsi». Oui, Billel vous avez entièrement raison de dire cela. Après tout, ce n’est qu’un match de football et rien d’autre qu’un match de football. Mais combien sont-ils à pouvoir percevoir ce que vous, avec tout le vécu qui est le vôtre, ne preniez ça que comme un jeu, ni plus ni moins ?
Mais pardi ! Pourquoi la masse est-elle à contre-courant de cette sagesse qu’incarne Billel Dziri ? Qu’est-ce qui a fait qu’aujourd’hui, juste pour un match de football, on va jusqu’à « tuer » celui d’en face ? Quelles sont les origines de ces comportements tout droit venus d’un «âge obscur» ?
Dans son intervention devant la presse, Billel Dziri dira à ce sujet : «Je m’attendais à ce qu’on m’interroge sur l’absence de Moulay Haddou (son adjoint, Ndlr) à ce match…» Et d’enchainer justement sur cette absence : «Il n’était pas présent parce que son père est malade. Son père est souffrant depuis un bon bout de temps déjà, et il ne s’est pas déplacé au stade parce que certaines personnes malintentionnées lui ont fait du mal sans se soucier des conséquences qu’ils auraient pu causer. Haddou aurait bien pu être au mauvais moment au mauvais endroit, ç’aurait créé des dégâts. Dire que Haddou était présent avec les membres de la délégation de l’USMA lors de leur venue à Oran est juste absurde. C’est du n’importe quoi ! Rapporter une chose pareille peut avoir de lourdes conséquences. Pourquoi tenir un discours haineux envers Haddou jusqu’à ce qu’il ne soit plus en sécurité et qu’il ne puisse visiter son père à l’hôpital qu’à une heure tardive de la nuit. Salir une personne avec de fausses informations et des écrits, c’est juste inacceptable. Ça fait mal au cœur qu’il soit confronté à une telle situation». De la calomnie. De la diffamation. Mettre en danger la vie d’un homme juste pour gagner un match de football ?
La société est à la dérive, les valeurs partent en vrille. Billel Dziri le dit avec une certaine lourdeur dans le cœur. Ses propos sont tout aussi lourds de sens. Mettre en péril la vie d’un homme pour déstabiliser son équipe, pour du n’importe quoi, c’est du n’importe quoi !
M. O.
