La décision de la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) d’infliger deux matches à huis clos au MC Alger, à la suite d’un incident impliquant une pomme, continue de susciter une vague d’indignation dans le camp mouloudéen. Depuis l’annonce de cette sanction, les réactions se multiplient. Supporters, observateurs et anciens joueurs du club montent au créneau pour dénoncer une mesure qu’ils jugent excessive au regard des conséquences qu’elle entraîne pour le club et son public. Certes, aucun acte de violence, de dégradation ou de vandalisme ne saurait être toléré dans une enceinte sportive. Le stade doit rester un espace de fête, de passion et de fair-play. Les auteurs de tels agissements doivent répondre de leurs actes. Sur ce principe, il ne peut y avoir de débat. Mais la question qui se pose aujourd’hui concerne surtout la proportionnalité de la sanction et ses répercussions sur toute une famille sportive. En effet, priver le MCA de son public pendant deux rencontres, c’est également priver des milliers de supporters de leur droit d’assister à leur équipe, y compris lors de deux affiches de haute facture particulièrement attendues. Des rendez-vous qui auraient dû être des moments de communion entre le club et ses fidèles, mais qui risquent désormais de se dérouler dans une ambiance inhabituelle, loin de la ferveur qui caractérise le public mouloudéen. Pour les fans, cette décision revient à faire payer à toute une galerie le comportement isolé de certains individus. Beaucoup estiment qu’il aurait été plus judicieux de privilégier des sanctions ciblées, accompagnées de mesures de prévention et de responsabilisation, plutôt que de condamner l’ensemble du public à deux soirées sans football. Même d’anciens joueurs du Mouloudia à l’instar de Tarek Lazizi, Abdelkader Besseghier ou Omar Betrouni ont exprimé leur désaccord avec cette décision, estimant que le huis clos pénalise avant tout le club, ses supporters et l’image du championnat. Car au-delà du résultat sportif, le football algérien a aussi besoin de ses tribunes, de leur animation et de cette ferveur populaire qui fait partie intégrante de son identité. La LFP est dans son rôle lorsqu’elle veille au respect de la discipline et à la sécurité dans les stades. Mais la fermeté ne doit pas forcément rimer avec une sanction collective. Au final, cette affaire de pomme risque de laisser un goût bien amer aux supporters du MCA. Une sanction censée rappeler les règles pourrait ainsi produire l’effet inverse, en alimentant davantage la frustration et le sentiment d’injustice. Le débat est désormais posé : comment combattre efficacement les débordements sans sacrifier l’essentiel, à savoir le spectacle, les supporters et la passion du football ?
R. R.
