4 juin 2026

Certains de ses choix sont discutables sur le plan sportif

Petkovic, la chose et son contraire

Jeudi dernier, Vladimir Petkovic, sélectionneur national, dévoilait la liste des 26 joueurs concernés par les matchs de septembre contre la Guinée-équatoriale et le Liberia, prévus le 5 et 10 du mois, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2025. Et certaines présences et absences étaient largement discutables avec des arguments pas toujours recevables du technicien bosnien. En tout cas, ses choix doivent être assumés.

Par Mohamed Touileb

Il est clair que Petkovic n’a pas été franchement persuasif en conférence de presse. Sa liste pour le rassemblement qui débutera demain présentait des incohérences qui engendrent des questions légitimes sur la capacité du chef de la barre technique à faire le tri. En tout cas, il y a une certitude : on est toujours dans ce mode opératoire qu’on peut appeler de « l’anti-Belmadi ». En effet, l’ancien entraîneur de la Suisse est poussé à prendre des décisions contraires à celle de son prédécesseur.

L’anti-Belmadisme persistant

En effet, dès son premier stage en mars, il avait décidé d’appeler un « banni » en la personne de Yacine Brahimi. Il lui avait même confié le brassard de capitaine. A partir de ce moment, on pouvait se douter que Petkovic n’était pas seul aux commandes du cockpit. Surtout quand la Fédération algérienne de football (FAF) a décidé de lui « coller » Nabil Neghiz, qui a probablement une influence directe sur l’établissement de la liste, comme adjoint. Petkovic le reconnaît lui-même. Même si c’est à demi-mot. Il ne connaît pas personnellement tout le monde. Il a pu voir certains joueurs à l’œuvre quand d’autres sont là sur « conseil ». A cet effet, on peut évoquer la sélection de Sayoud qui intervient après des années d’attente. Lui qui n’a jamais été retenu par Belmadi même durant sa période faste en marge de la Coupe arabe FIFA 2021. Presque trois ans après, il a l’honneur de faire partie de la sélection A. « Sayoud est un choix qui peut paraître surprenant pour certains. Mais il mérite sa place. On m’a beaucoup parlé de lui, j’ai vu beaucoup de choses de lui, maintenant je veux le voir avec la sélection », a indiqué Petkovic. Là aussi, on est dans un management contraire à ce que prônait son prédécesseur.

Des décisions paradoxales

Ce paradoxe se manifeste aussi dans la gestion du cas Farès Chaïbi avec toute l’ambiguïté et les non-dits qu’il y a autour du talentueux et prometteur milieu offensif. Renfort qualitatif du temps de Belmadi, le sociétaire de l’Eintracht Frankfurt a été laissé sur le carreau pour le deuxième regroupement de suite sans argument fiable sur le plan sportif. Selon nos informations, il s’agirait plus d’une mesure disciplinaire sur laquelle on reviendra avec de plus amples détails dans nos prochaines éditions. Mais qu’est-ce que la situation sportive pour un entraîneur qui décide de prendre un Youcef Atal qui n’a même pas fait la préparation d’intersaison car il est toujours sans club. Dans une situation similaire, Kevin Guitoun n’a lui pas été convoqué. C’est pour illustrer l’anomalie dans les critères de sélection qui sont versatiles. Cela pourrait engendrer une instabilité et empêcher d’instaurer une concurrence équitable.

Certes, sur le point Atal, il y a des similitudes entre Petkovic et Belmadi puisque ce dernier prenait le latéral droit à chaque fois qu’il était opérationnel et même quand il n’était pas compétitif. Pour rappel, le natif de Boghni avait même pris part à la CAN 2023 comme titulaire alors qu’il n’avait pas joué en club depuis octobre après son tweet de soutien à la Palestine ayant engendré sa suspension par l’OGC Nice, son club à l‘époque.

Manque d’intransigeance

Les critères de « sélectionnabilité » ne sont donc pas fixes avec un manque d’intransigeance qui peut porter préjudice au niveau global du « onze ». Le niveau athlétique des joueurs qui composent les trois compartiments doit présenter une certaine homogénéité. Et quand on décide de prendre des éléments qui ne sont pas dans le tempo, cela peut déteindre sur l’ensemble du bloc car le football moderne n’est plus qu’une somme d’individualités placées sur le rectangle vert.En tout cas, les deux prochaines sorties des Fennecs vont soit donner tort, soit donner raison à Petkovic. Après ce qu’on a pu voir en juin dernier avec la défaite contre la Guinée à domicile et le succès au forceps chez l’Ouganda quelques jours plus tard, il y a des doutes à chasser. Et ce n’est probablement pas avec des incertitudes que ça se fera.

M.T.

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