Enceinte moderne, gestion vétuste
Les images étaient consternantes, choquantes, à la limite, blessantes. Elles reflétaient le laisser-aller et l’irresponsabilité de certaines personnes chargées de missions pourtant simples. Le stade Nelson Mandela de Baraki (Alger) s’est retrouvé dans un état déplorable. Que ce soit la pelouse qui a jauni ou les gradins dans un état de saleté extrême, l’écrin algérois, qui a coûté une fortune (plus de 300 millions d’euros selon les chiffres officiels) aux autorités, paraissait délaissé. Et cela a engendré deux fins de fonctions. Mais, sur le fond, ce n’est pas ce qui réglera cette négligence récurrente et endémique.
Par Mohamed Touileb
Les responsables changent mais les mêmes problèmes persistent. Même quand il s’agit d’un gros investissement, certains se permettent de gérer les infrastructures avec une désinvolture affligeante. Ce qui s’est passé avec Nelson Mandela est une nouvelle preuve.
« Insuffisances » ? C’est pire que ça !
Comme le veut la coutume, les mesures se résument à mettre fin aux fonctions pour étouffer l’affaire. Et cela prend une trajectoire verticale jusqu’à remonter au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) que gère Abderrahmane Hammad. Dans un premier temps, c’est l’Office du Complexe Olympique (OCO) Mohamed-Boudiaf, chargée de gérer le stade Nelson-Mandela, qui a annoncé la fin de fonctions du responsable chargé de la gestion de ce dernier, à savoir Ismaïl Mohamed Saïd, remplacé par Yacine Kada (on reviendra plus tard sur cette désignation qui présentent certaines incohérences).
«Le chargé de la gestion du complexe olympique Mohamed-Boudiaf, Ismail Mohamed Saïd, a décidé de mettre fin aux fonctions du responsable principal du stade Nelson-Mandela. Cette décision fait suite aux insuffisances (le mot est bien trop léger) constatées au niveau des gradins et de la pelouse du stade, qui accueille actuellement le match du tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF entre le Mouloudia d’Alger et le club libérien, Watanga», pouvait-on lire sur la page officielle de l’OCO.
Démissionnaires pendant 2 mois !
Cette mesure était loin d’être surprenante. Mais ce n’est pas le fond véritable du problème. En effet, il y a cette question qui mérite d’être posée : où étaient les autorités compétentes tout ce temps. Comment se fait-il qu’un stade ne soit pas nettoyé et entretenu après 2 mois de la fin de la saison et une dernière rencontre qui avait opposé le MC Alger au MC Oran pour fêter le titre ?
Le MJS parle de « laxisme » et de « laisser-aller ». Oui. Mais à quel niveau ? Et –surtout — pourquoi personne n’a pris la peine de visiter les lieux pour s’assurer que ce joyau est bien entretenu ? Ismaïl Mohamed-Saïd n’a, lui aussi, pas survécu à ce énième scandale qui reste dans la lignée de ce qu’on avait connu avec le terrain de Mustapha-Tchaker lors de certains matchs de l’équipe nationale.
Belmadi avait raison
A l’époque, Djamel Belmadi, désormais ex-sélectionneur, avait dénoncé l’incompétence et le sabotage qui semblent avoir la peau dure. Le stade Nelson Mandela devait être le fief des Verts. Mais le fait que la Fédération algérienne de football (FAF) ait décidé de changer de domiciliation et partir à Annaba a -manifestement – fait que le sort du stade Nelson Mandela soit le dernier des soucis. Sauf que les incompétents ont oublié qu’il y a les matchs continentaux de nos clubs qui se jouent sur ces lieux.
La saleté et la mauvaise herbe étaient là. Tout comme cette mauvaise graine qui parasite les efforts de l’Etat pour offrir aux pays une assise infrastructurelle de qualité. On va le dire clairement : ce genre de sabotages mérite la prison et pas qu’un simple limogeage. Autrement, le changement de pions ne fera que repousser les échecs.
M.T.
