À l’ultime coup de sifflet, le stade explose. Pas seulement par les cris des supporters harrachis qui ont fait le déplacement à Oum El Bouaghi, mais par les émotions crues d’un staff qui n’a jamais cessé d’y croire. Ce samedi, les dirigeants harrachis et leur entraîneur Abderrahmane Osmane ont vécu l’un des moments les plus forts de leur saison, un de ces instants où le football dépasse le cadre sportif pour toucher à l’humain, au cœur. Face à l’US Chaouia, l’USMH a arraché une victoire précieuse, obtenue au forceps, dans des conditions hostiles et loin de ses bases. Un succès important certes, mais ce n’est pas tant la victoire en elle-même qui a fait chavirer les cœurs, que ce qui s’est joué simultanément à des centaines de kilomètres de là. Alors que le match se terminait, les regards étaient rivés sur les téléphones, les oreilles tendues vers les échos de la rencontre opposant Teleghma au MB Rouissat. À la 90+4e minute, l’impensable se produit : Teleghma égalise dans les ultimes secondes. Ce but change tout. Il rebat les cartes du classement, donne un souffle nouveau à l’USMH, et offre une lueur d’espoir que beaucoup croyaient éteinte. C’est à cet instant précis que les émotions prennent le dessus. Abderrahmane Osmane, habituellement réservé et concentré, s’effondre en larmes. Autour de lui, les membres de la direction ne retiennent plus les sanglots. Ce ne sont pas simplement des larmes de joie, mais des larmes de soulagement, de libération, après des semaines de stress, de travail acharné, de pression permanente. «Ce n’est pas juste une victoire. C’est un message du destin», glisse un dirigeant, les yeux encore embués. Le football, souvent cruel, s’est montré, pour une fois, généreux avec ceux qui se battent dans l’ombre. Ce moment d’émotion brute rappelle à quel point ce sport est une affaire de passion, d’abnégation et parfois de miracles. À El-Harrach, on ne l’oubliera pas de sitôt.
M. A-M.
