27 mai 2026

Six mois de suspension pour Charef

Le rideau semble se refermer brutalement sur la carrière d’un entraîneur emblématique du football algérien. Sanctionné de six mois de suspension par la commission de discipline de la Ligue, Boualem Charef (68 ans, plus de trois décennies de métier) voit sa fin de parcours précipitée par une altercation houleuse avec l’arbitre Milia lors de la 28e journée de championnat. Les faits remontent à samedi dernier, lors du match opposant le RCK au RCA qui a dégénéré à la fin de la rencontre. Boualem Charef, connu pour son tempérament passionné, s’est pris verbalement à un officiel, avec des propos qualifiés de «menaçants et irrespectueux» dans le rapport officiel. Mardi dernier, la commission de discipline a rendu son verdict : six mois de suspension de toute fonction officielle, avec effet immédiat et une amende de 50 000 DA. A noter que ce n’est pas la première sanction de Charef dans sa carrière puisque le 1er octobre 2012, il a été suspendu pour six mois par la ligue pour une conduite anti-sportive vis-à-vis d’un arbitre.

Une aubaine pour le président ?

Mais derrière le choc de la suspension se cache un enjeu plus vaste : l’avenir de Charef à la tête du RCK. Comme anticipé hier sur ces mêmes lignes, le président Salim Messani, en froid avec son entraîneur, envisagerait de ne pas attendre la fin de la suspension pour mettre un terme à leur collaboration. Une suspension qui fait les affaires du boss koubéen, lequel envisagerait de ne pas attendre la fin de saison pour acter un changement définitif sur le banc. La suspension offre une opportunité rêvée à Messani pour imposer une rupture de la relation de travail avec Charef sans en assumer pleinement la responsabilité. Une nouvelle issue amère pour un homme de terrain qui aura tout connu, sauf la sortie par la grande porte…

La saison des sanctions

Cette saison restera gravée dans les mémoires du club, mais pour de bien mauvaises raisons. En effet, le RCK a vécu une année tumultueuse, marquée par une série de sanctions disciplinaires sans précédent qui ont terni son image et mis en péril sa stabilité sportive. Tout a commencé en début de saison, lorsque Amine Ghodbane a été suspendu pour deux matches. Quelques journées plus tard, Abdelkrim Zouari subissait le même sort, mais avec une suspension de trois matches. Deux décisions lourdes de conséquences pour un effectif déjà en manque de profondeur. Mais c’est en dehors du terrain que la situation s’est envenimée. Le porte-parole du club, en l’occurrence Brahim Chaouch, souvent polémique, a été suspendu pour deux ans. En cause : des propos jugés injurieux envers les instances dirigeantes du championnat. Comme si cela ne suffisait pas, l’entraîneur Boualem Charef a lui aussi été rattrapé par la commission de discipline. Suspendu pour six mois, il paie le prix d’un comportement jugé irrespectueux envers un officiel. Un coup dur pour un collectif déjà fragilisé et qui a raté, pour la deuxième saison de suite, l’accession. Certains supporters réclament déjà des changements profonds, accusant la direction de « manque de contrôle » et de « culture de l’impunité ». D’autres appellent au calme et à la reconstruction, espérant que cette saison serve de leçon. Reste à savoir si le Raed saura en tirer les enseignements nécessaires pour retrouver le chemin de la stabilité…

Youcef M.

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