30 mai 2026

19 recrues et 4 cadres conservés : Le RCK vidé de son effectif 

Le RCK, pourtant deuxième du championnat la saison écoulée, vient de vivre un bouleversement inédit dans sa composition. À l’intersaison, la direction du club, présidée par Salim Messani, a tout simplement vidé l’équipe de la majorité de ses éléments

Par Youcef Mimoune

Seuls quatre cadres ont été retenus pour la saison prochaine, tandis que dix-neuf nouvelles recrues ont rejoint le club. À première vue, cette refonte radicale a surpris, choqué et divisé car elle intervient après une saison plutôt correcte, qui s’est terminée sur une place de dauphin et avec un effectif globalement compétitif. Est-ce une décision visionnaire, courageuse et fondée sur un diagnostic froid et rigoureux ? Ou bien, au contraire, un choix précipité, risqué, voire irresponsable de la part du président Messani et le manager Brahem-Chaouch ? Les avis divergent mais une chose est sûre : le terrain livrera son verdict et les résultats parleront pour ou contre cette révolution inattendue.

Un été agité à Kouba

Le mercato estival du Raed ne ressemble à aucun autre. En l’espace de six jours, le club a complètement redessiné son effectif. Alors que les supporters s’attendaient à une stabilité dans la continuité, pour repartir avec un groupe rodé et renforcé dans des postes clés, la direction a pris le contrepied des prévisions. La majorité des joueurs de la saison écoulée ont été remerciés, y compris certains éléments considérés comme titulaires indiscutables. Selon des sources proches du club, cette décision n’a pas été prise sur un coup de tête. Salim Messani et Karim Brahem-Chaouch auraient mené une évaluation approfondie, à la fois technique et comportementale, pour justifier cette purge. Mais dans la forme, les départs en masse ont alimenté les spéculations. Le recrutement, lui, a été massif. Dix-neuf joueurs ont d’ores et déjà été enrôlés, venus de la Division Amateur ou encore des jeunes talents repérés en Ligue 1 chez les espoirs. À côté de ces renforts, quatre cadres ont été conservés, parmi lesquels les deux milieux de terrain Bellalem et Boubakour, le défenseur Guizair et l’attaquant Kermiche, qui ont prolongé l’aventure. Ce choix d’un noyau restreint, reconstruit autour de visages neufs, indique clairement une volonté de rompre avec certaines dynamiques du passé.

Pourquoi tout changer ?

La grande question reste la suivante : pourquoi procéder à une telle révolution quand on vient de terminer à la deuxième place du classement ? L’équipe avait montré des qualités certaines tout au long de la saison où elle a terminé deuxième meilleure attaque avec 42 buts marqués et troisième meilleure défense avec 22 buts encaissés. Si l’accession a échappé, c’est en partie à cause de résultats décevants dans les moments-clés, d’un banc insuffisamment étoffé et une mauvaise gestion de l’effectif de la part de l’ancien staff technique. Pour Messani, terminer deuxième n’était pas un aboutissement mais un échec dans la mesure où l’objectif initial était l’accession en Ligue 1. Il a donc pris cette décision dans une logique de correction d’erreurs, refusant de reconduire un effectif qui, à ses yeux, avait atteint ses limites. C’est une lecture sévère mais assumée par le président. Du côté des supporters, la fracture est réelle. Certains saluent la volonté de renouveau du président Messani, estimant qu’il fallait de toute façon renouveler le groupe pour éviter une stagnation. D’autres, en revanche, parlent d’un coup de balai dangereux où les automatismes comptent énormément. Des observateurs évoquent également le manque de continuité dans le projet sportif du club (s’il existe bien-sûr). Car ce n’est pas la première fois que le RCK opère un grand remaniement. Or, à force de tout reconstruire chaque été, le club risque de perdre en stabilité et en identité. La décision de refonder en profondeur l’effectif du RCK reste un pari risqué. Mais elle s’inscrit dans une logique assumée, faite de rupture avec les échecs passés et de construction d’un projet nouveau, articulé autour d’un effectif jeune, ambitieux et affamé. La réponse ne viendra ni des tribunes, ni des réseaux sociaux, ni des conférences de presse. Elle viendra du terrain.

Seule la compétition…

Ce changement quantitatif dans la composante koubéenne on peut en parler pendant de longues heures et ce sera certainement peu pour trouver une convergence de point de vue entre les pour et les contre d’un renfort tous azimuts.

Si certains n’y voient pas une bonne opération et d’autres pensent tout fait le contraire, il y a certainement un point que les deux antagonistes s’y retrouvent. C’est la compétition qui déterminera si le choix de remplacer la quasi-totalité de l’effectif est une bonne chose ou pas. En effet, si dans entre les uns et les autres il y a beaucoup de points d’achoppements, sur la réalité qu’apportera le terrain tout le monde est d’accord. Ceci nous amènes à conclure qu’il faudra attendre le début du championnat pour avoir une idée, plus ou moins précise des capacités de ce RC Kouba new-look qui aura comme principal objectif l’accession en Ligue 1. Alors attendons le championnat.  

Y. M. 

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