17 avril 2026

Zemiti : « Nous assistons à une reconstruction méthodique de l’Équipe nationale »

Pour Farid Zemiti, Petkovic est en train de mener une transition dans la sérénité, en créant une saine concurrence et en anticipant le renouvellement générationnel. Il a instauré une culture du professionnalisme. Son approche pragmatique mérite confiance et sérénité pour relever les défis à venir…

Entretien réalisé par Hamid Si Ahmed

Face au Mozambique et l’Arabie Saoudite, en amical, pensez-vous que l’Equipe nationale a montré des signes de progression ?

Le sélectionneur est en train de tester différents joueurs, ce qui crée une saine rivalité. L’émergence de nouveaux talents, comme Chergui et Hadj Moussa, ainsi que la solution trouvée pour pallier l’absence de Bensebaïni avec Belaïd, montrent que l’équipe est en construction, et où chacun doit mériter sa place.

Cette concurrence semble donc bien réelle…

La concurrence est réelle et très bénéfique. On voit bien que les joueurs, motivés par la CAN et la Coupe du monde, se donnent à fond. Pour eux, ces compétitions représentent un enjeu sportif majeur pour leur carrière. Pour ce qui est du sélectionneur, je pense qu’il a déjà une idée du groupe, et des choix difficiles devront être faits.

Donner sa chance à tout le monde est un signal fort du sélectionneur, vous ne trouvez pas ? 

En prévision de la CAN, le sélectionneur expérimente différentes compositions et systèmes de jeu. Cela prouve que c’est un technicien méthodique qui mérite confiance et sérénité pour mener à bien son projet en toute tranquillité.

Concernant le renouvellement générationnel, observez-vous l’émergence d’une nouvelle génération capable de prendre le relais de Mahrez et consorts ?

Oui, un renouvellement est en marche. À mon avis, Petkovic anticipe la fin de cycle de certains cadres, en intégrant progressivement des jeunes prometteurs. Il les a observés et sélectionnés pour leur capacité à apporter un plus à l’équipe.

Selon vous, quels sont les critères essentiels pour une sélection ?

La forme physique du moment et le temps de jeu en club. On ne peut pas se permettre d’attendre un joueur qui manque de rythme. Au sein du groupe, actuellement, il y a une dynamique positive, une bonne ambiance et une envie sincère pour faire plaisir au public, ce qui est très encourageant.

En prévision des deux grands rendez-vous à venir, ne pensez-vous pas que les deux échecs africains consécutifs, et celui de la qualification pour la Coupe du monde, pourraient se transformer en pression négative pour les joueurs ?

Cette page est tournée et le groupe est conscient du challenge et des enjeux qui l’attendent. Je pense que le groupe est motivé pour aller de l’avant et conscient de l’objectif d’être performant durant les deux prochaines compétitions.

Avez-vous constaté la touche du sélectionneur ?

Sincèrement, son empreinte est visible, comme dans les changements tactiques avec une défense à trois. Avec des joueurs professionnels, il peut se le permettre. Vu le temps court qu’il a durant les stages, il se concentre sur la tactique, en s’appuyant sur des joueurs formés.

Belaïli sera absent pendant plusieurs mois. Est-ce vraiment une perte pour l’Équipe nationale ?

Une grande perte, car Belaïli est un joueur décisif. Cependant, les blessures font partie du football. Son absence pose aussi la question de la gestion d’une carrière à long terme pour un joueur de son âge. Sinon, les solutions existent au sein du groupe.

Actuellement, l’Équipe nationale ne subit pas une forte pression médiatique, comme cela a pu être le cas par le passé

Nos joueurs sont expérimentés et savent gérer la pression médiatique. On voit bien qu’ils sont concentrés sur leur performance. Ils savent que c’est au sélectionneur de communiquer. Des joueurs professionnels qui ont une réelle ambition de jouer ce genre de compétition. 

Qui a, selon vous, le profil pour succéder à Mahrez ?

(Rires.) Mahrez est toujours là pour les deux prochains défis. Le sélectionneur croit toujours en ses qualités techniques uniques, même si c’est un attaquant plus offensif. Mais Petkovic, de son côté, est en train de renforcer l’effectif avec des joueurs polyvalents de qualité, comme Chergui, ce qui est crucial en sélection.

On voit donc que Petkovic est un entraîneur qui sait où il met les pieds…

C’est un entraîneur calme et serein, qui assume ses choix en silence. Son travail se fait principalement à l’entraînement. Chez nous, on confond parfois agitation et efficacité. La performance se construit dans la rigueur et la préparation quotidienne.

Avant la CAN, quels sont, selon vous, les derniers chantiers sur lesquels Petkovic doit travailler ?

Le principal chantier reste l’efficacité sur les balles arrêtées et les situations standards bien travaillées, que ce soit en attaque ou en défense. Ce sont des atouts décisifs pour débloquer un match.

Après les deux dernières défaites du MCA et de la JSK, comment analysez-vous la situation des clubs algériens en Afrique ?

Ces défaites sont regrettables. Nos clubs doivent saisir l’importance des compétitions africaines pour leur prestige. Mais c’est vrai qu’il faut nourrir de grandes ambitions et avoir les moyens pour rivaliser avec les grands clubs du continent. Des clubs très structurés.

Dans quelle mesure l’atout financier peut-il être déterminant ?

Vous savez, les ressources financières sont le nerf de la guerre. Elles permettent d’avoir de meilleures infrastructures, un centre de formation performant et de faire un bon recrutement. Un facteur clé pour la compétitivité, au plus haut niveau.

Il y a aussi la gestion des matchs…

En effet, notamment la gestion des staffs médical et technique est vitale. Petkovic a montré l’exemple en travaillant méthodiquement. Et nos clubs doivent adopter cette même rigueur, avec une vision à long terme pour progresser et être compétitifs.

Quelle est votre analyse des deux matchs du Mouloudia et de la JSK ?

On a mal géré nos matchs. À commencer par le Mouloudia, devant une équipe soudanaise… Ce qui me chagrine un peu, c’est que malgré le manque de rythme, de matchs dans les jambes, ils ont fait un match plein. Ils se sont donnés à fond. Ils n’ont rien lâché. Ils étaient menés, ils sont revenus au score, ils n’ont pas baissé les bras. 

Face à la JSK, on a vu les Zizou et compagnie, des joueurs qui font la différence à n’importe quel moment. Ils ont géré leur match dans le calme. C’est une victoire méritée, lorsqu’on voit comment ils ont débuté dans la sérénité. Chaque année ils sont présent, chaque année ils sont en finale. La JSK ne doit pas baisser les bras et doit travailler. On apprend de ses erreurs. Je pense que l’entraîneur et son staff ont tout noté. Il y a encore des matchs à jouer, il faut aller le plus loin possible incha’Allah.

H.S-A.

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