17 mai 2026
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Zerrouki a-t-il vraiment du génie ?

Pour son retour chez les Verts après être tombé de la liste des Verts pour le rassemblement d’octobre, Ramiz Zerrouki a été aligné d’entrée pour les deux matchs amicaux contre le Zimbabwe et l’Arabie saoudite en novembre. Cette utilisation démontre que Vladimir Petkovic, tout comme Djamel Belmadi, son prédécesseur sur le banc algérien, pense que le milieu de terrain a les qualités requises pour avoir une place dans un secteur de jeu où les choix restent nombreux et variés.

Par Mohamed Touileb

Il est constamment l’objet de critiques. Ramiz Zerrouki est – pour certains – le maillon faible dans l’effectif des Verts. Sa présence suscitait l’incompréhension généralisée jusqu’à récemment. Et puis, ces derniers jours, il y a eu une étrange « campagne » de néo-partisans qui ont germé sur les plateaux de télévision suite à un podcast qui mettait en avant un (supposé) apport « défensif » du pensionnaire du FC Twente.

Un interrupteur sans lumière

Sur les séquences de dissections du jeu, deux aspects revenaient souvent : sa faculté à presser l’adversaire et sa disponibilité pour gagner les deuxièmes ballons. Cela était contrastant et contradictoire avec son profil. Zerrouki est lent, ne livre quasiment jamais de duels aériens et ne se replace pas rapidement.

Rien qui puisse vraiment l’aider à s’imposer dans un football africain qui reste assez exigeant sur le plan physique avant tout. Il est vrai que Zerrouki a fait ses classes dans la réputée école de l’Ajax Amsterdam et qu’il doit être bon dans le football de conservation. Surtout quand on lui demande de jouer à une touche de balle. C’est d’ailleurs l’un de ses vrais points forts.

Sauf qu’à partir du moment où il est pressé et contraint à contrôler le ballon et qu’il essaye de faire quelque chose avec, il joue constamment vers l’arrière et ralentit le jeu. Et ce n’est pas ce qui aide le bloc équipe à se projeter et à faire la transition.

Excellent sans ballon, l’invraisemblable argument

Comme un certain Abdelkader Ghezzal à l’époque de Rabah Saâdane, on évoque une capacité à « jouer sans ballon ». L’argument est lunaire. Surtout pour un milieu de terrain car c’est ce secteur qui enregistre le plus grand trafic de ballons durant la partie. On ne peut – en aucun cas – louer un joueur dans cette zone pour une activité sans possession. Soyons clairs : on ne demande pas à Zerrouki de jouer comme le génialissime Sergio Busquets même s’ils ont la même silhouette. Mais il y a des signes qui ne trompent pas. 

Ce que fait Zerrouki, tout joueur qui a un minimum de sens tactique peut l’accomplir. Certes, il y a des footballeurs qui ont une capacité développée à « fermer les circuit » comparés à d’autres. Après, qu’on se le dise et qu’on le rappelle, le plus important, c’est de savoir quoi faire avec le ballon une fois qu’on en reprend la possession. Et dans ce domaine, on ne peut pas dire que Zerrouki soit performant. Dès lors, pour ceux qui crient au génie pour un travail fait à moitié, il va falloir repasser. D’autant plus qu’il y a d’autres Fennecs qui peuvent remplir son rôle en mieux. On pense notamment à Himad Abdelli ou même Haris Belkebla qui n’ont pas eu autant d’opportunités. Et ça, c’est – bel et bien – une anomalie.

M.T.

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