À quelques jours de la reprise, l’entraîneur du RCK, conforté par sa direction, lance un défi total à son groupe. Troisième au classement, le club algérois entame sa quête de leadership dès samedi à Mostaganem. Ramdane exige une métamorphose immédiate pour transformer l’espoir de l’aller en certitude de montée.
Par Mehdi Allel
L’heure de vérité a sonné au stade Benhaddad. Après une trêve studieuse et une réunion décisive avec ses dirigeants, le coach Ramdane a pris la parole devant un vestiaire silencieux mais déterminé. Le technicien koubéen sait que la phase retour est un sprint où chaque faux pas est fatal. Son discours, teinté d’autorité et d’ambition, vise à insuffler une mentalité de champion avant le périlleux déplacement chez le WAM.
« On repart de zéro »
Le coach a d’emblée voulu balayer toute forme de satisfaction liée au premier bilan. Pour lui, le compteur est réinitialisé et les acquis de l’automne ne garantissent rien pour le printemps. Il a martelé avec force : «La phase aller est terminée. On finit 3e, c’est honorable, mais dans ce club, l’honneur ne suffit pas. Il faut l’accession. Samedi, à Mostaganem, ce n’est pas le match n°16, c’est le match n°1 d’un nouveau championnat. On repart de zéro, mais avec l’expérience de nos erreurs passées. La direction nous fait confiance, j’ai leur soutien, et j’ai le vôtre. Montrez-leur qu’ils ne se sont pas trompés.» Ramdane refuse de voir ses joueurs se reposer sur leurs lauriers, rappelant que samedi marquera le coup d’envoi d’un nouveau tournoi. L’entraîneur s’appuie sur la confiance renouvelée par sa direction pour galvaniser ses troupes, les incitant à honorer ce soutien précieux par une victoire immédiate.
« Samedi, ce sera un test de caractère »
Le déplacement à Mostaganem est perçu comme le révélateur ultime des ambitions koubéennes. Conscient de la difficulté de l’arène du WAM, Ramdane veut voir des combattants plutôt que des techniciens. Il a d’ailleurs prévenu son groupe : «Aller chez le WAM est l’un des déplacements les plus périlleux. Il faut transformer la pression en motivation. On commence par le plus dur, en jouant le WAM chez eux. Samedi, c’est un test de caractère. Si on veut monter, il faut savoir aller chercher des points là où les autres tombent. Samedi, je ne veux pas voir 11 joueurs, je veux voir 11 guerriers. Un résultat positif à Mostaganem va nous aider à aborder la suite avec plus de force et de conviction. On doit montrer à tout le monde que le RCK est venu pour la place de leader, pas pour rester sur le podium.» Ce premier choc est l’occasion idéale de transformer la pression extérieure en une énergie capable de propulser le club vers le sommet.
« Le Raed n’est pas un club de milieu »
Le discours s’est achevé sur une note identitaire profonde, rappelant le poids du maillot vert et blanc. Ramdane a exhorté ses hommes à l’excellence : «Regardez l’écusson sur votre poitrine. Le Raed n’est pas un club de milieu de tableau. On a des milliers de supporters qui n’attendent qu’une chose, celle de voir le club retrouver l’élite. La phase retour, c’est le moment où on écrit l’histoire ou on devient des anonymes. À Mostaganem, chaque duel gagné, chaque tacle, chaque course, c’est pour eux qu’on le fait. L’accession ne se gagne pas en mai, elle se gagne dès ce samedi.» Pour le coach, cette phase retour est le carrefour entre la gloire et l’anonymat. Chaque geste technique et chaque course vers le but adverse doivent être portés par le rêve des fans. Le ton est donné, l’accession se joue sur chaque duel dès l’entame de ce week-end. La balle est désormais dans le camp des joueurs. Entre le discours galvanisant de Ramdane et la réalité du terrain à Mostaganem, la frontière reste étroite. Le RCK entame son opération reconquête avec la ferme intention de bousculer la hiérarchie pour enfin offrir aux Koubéens ce retour au sommet tant attendu.
M.A.
