Après 16 années durant lesquelles il a affiché sa pleine disponibilité pour porter les couleurs de l’Algérie, Raïs M’Bolhi a décidé de mettre fin à sa carrière de footballeur et renoncer au rêve, qui semblait déjà difficilement réalisable, de disputer une ultime Coupe du Monde avec les Verts. M’Bolhi laisse définitivement le flambeau qu’il a porté avec brio quand il en avait l’occasion lors de ses 96 apparitions. Sa énième tentative de se relancer a échoué et son rêve d’enfiler – une nouvelle fois – le maillot et les gants d’El-Khadra a définitivement pris fin cette fois.
Par Mohamed Touileb
Lui-même le dit. Jouer pour l’Algérie a complètement changé sa carrière et sa vie. Parallèlement, M’Bolhi a aussi sublimé le poste de keeper avec l’équipe nationale s’inscrivant dans la lignée des Cerbah (Allah Yarahmou), Drid ou encore Osmani.
Poste spécifique, traitement spécial
Tout au long du parcours, il avait défié les critères de « sélectionnabilité » car il avait toujours démontré qu’il était l’homme de la situation même quand rien ne prêtait à l’appeler si les vrais critères et le niveau du championnat étaient pris en considération. D’ailleurs, M’Bolhi n’a même pas hésité à signer en Algérie dans l’espoir de revenir chez les « Verts ».
Malheureusement ce dernier plan n’a pas fonctionné même si Djamel Belmadi, qui avait décidé, en 2022, de se passer de lui lorsqu’il avait signé en D2 saoudienne dans l’espoir de le stimuler. « Raïs M’Bolhi était le gardien pour la précédente décennie, donc il prend de la place ! Ce n’est pas facile de faire sans. On va continuer à faire des essais mais à un moment donné, on va insister et mettre en place une hiérarchie », avait alors déclaré l’ex-sélectionneur des « Guerriers du Désert ». Depuis, l’EN n’a plus trouvé de remplaçant idéal. M’Bolhi était même de retour pour la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Sauf qu’Anthony Mandréa avait pris sa place et les gants de titulaire. Les temps avaient alors changé. C’était déjà le début de la fin pour le long mandat du Raïs. Malgré cela, il a continué à espérer un retour et à viser une présence en Coupe du Monde 2026 après celles de 2010 et 2014. Dans cette dernière, il avait brillé avec une « masterclass » contre l’Allemagne en 1/8 de finale avec 10 parades.
Un palmarès remarquable
Pour cela, il fallait convaincre Vladimir Petkovic de sa capacité à garder la cage algérienne. Madjid Bougherra, son ancien coéquipier en sélection et coach de l’Algérie A’, lui avait tendu la main en lui promettant une convocation chez les locaux pour jouer la Coupe arabe FIFA 2025 au Qatar l’hiver dernier. Pour cela, il suffisait que M’Bolhi soit performant avec l’ES Mostaganem où il avait signé l’été passé.
Finalement, rien ne s’est déroulé comme prévu. L’aventure mostaganémoise s’est mal passée et le légendaire dernier rempart n’a pas pris part à l’aventure arabe. M’Bolhi a un caractère spécial qui n’a jamais vraiment collé avec le championnat local. La tournure qu’ont prise ses expériences au CRB et le ESM le prouve. L’aura de M’Bolhi a fini par prédominer sur la capacité à consentir certains sacrifices et accepter certaines évidences. Son compteur s’arrête 96 capes avec les Fennecs marquées par deux trophées majeurs à savoir la Coupe Arabe FIFA 2021 et – surtout – cette inoubliable CAN 2019. M’Bolhi a eu le temps de graver son nom en lettres d’or.
M.T.
