«Le NAHD mérite un accompagnement d’une grande entreprise»
Mohamed Lacet n’est pas seulement un entraîneur passé par le banc du NAHD ; il se définit avant tout comme un observateur lucide de la trajectoire d’un club qu’il porte dans son cœur. Lors d’une récente intervention médiatique, le technicien a dressé un bilan sans concession sur la situation actuelle du club d’Hussein Dey, tout en rappelant sa contribution historique au football national.
Par Omar Yahiaoui
Pour Lacet, le traitement actuel réservé au NAHD est en totale déphasage avec son héritage. Il estime que le club ne peut plus survivre grâce à des solutions précaires et appelle à une intervention directe des pouvoirs publics. « En tant que technicien et observateur avéré de la scène footballistique je dis que le NAHD mérite le soutien d’une grande société nationale et d’un accompagnement de l’Etat, par rapport à tout ce qu’elle a fait pour le pays et le football algérien. C’est sans doute le club qui a donné le plus de joueurs à la sélection nationale depuis l’indépendance et à ce jour. »
«Le NAHD, une école de classe mondiale»
L’ancien coach a tenu à souligner que la réussite actuelle de plusieurs cadres de l’équipe nationale n’est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat de la formation dispensée au sein du club. En citant des noms qui font aujourd’hui la fierté de l’Algérie, il a voulu démontrer que l’ADN de formateur du club est toujours vivant, bien qu’étouffé par le manque de moyens. « Des joueurs comme Khacef, Tougaï et Belaïd c’est grâce au NAHD qu’ils ont atteint le niveau qu’ils ont maintenant. Je pense qu’avec une certaine aide il devrait pouvoir retrouver son crédo de club formateur. »
Evoquant ses différents mandats, Lacet a rappelé une époque où le club rivalisait sur la scène internationale, que ce soit en Afrique ou dans le monde arabe. Il a rendu hommage aux techniciens avec lesquels il a collaboré, tout en mettant en lumière l’éclosion de joueurs talentueux sous ses ordres. «J’ai fait trois passages au NAHD, en travaillant d’abord avec le regretté Bouzidi, ensuite avec Dziri et ensuite seul et avec Neghiz. J’ai eu des moments inoubliables en disputant une coupe africaine et une coupe arabe et cette période avait eu l’éclosion de talents tel que Ouadji, Khacef, Bouhalfaya et d’autres éléments.»
«Un président a voulu s’immiscer dans mon travail»
Cependant, tout n’a pas été rose. Mohamed Lacet a profité de ce podcast pour lever le voile sur les coulisses sombres de son dernier passage. Il a dénoncé l’amateurisme de certains dirigeants qui ont tenté de bafouer ses prérogatives techniques, menant inévitablement à sa démission. « Mon dernier passage a été entaché d’un fait malheureux, puisqu’alors que la fin de saison se rapprochait, un président (je ne citerais pas son nom) est venu vers moi pour me dire que l’effectif-type sera fait désormais à deux, c’est-à-dire qu’il voulait s’immiscer dans mon travail. Je lui ai répliqué qu’il n’avait qu’à le faire seul, et je me suis retiré. »
Ce témoignage de Mohamed Lacet résonne comme un avertissement : si le NAHD possède un passé glorieux et un vivier de talents inépuisable, il reste fragile face aux ingérences administratives. Pour redevenir le fleuron du football algérien, le club doit retrouver sa dignité institutionnelle et un soutien financier à la hauteur de sa légende.
O. Y.
