Le sifflet final de la saison a retenti, mais au NA Hussein Dey, le match le plus crucial de l’année vient à peine de commencer. C’est une véritable course contre la montre qui s’est engagée dans les bureaux du club. Depuis l’annonce du départ du président Yacine Hanied, le navire Sang et Or navigue à vue, sans capitaine à la barre, à un moment charnière où chaque jour de retard se paie cash. A Bensiam, l’heure n’est plus aux tractations de couloirs mais à l’action immédiate : le temps est le pire ennemi du Nasria.
Par Omar Yahiaoui
Lors de sa récente conférence de presse, le président démissionnaire Yacine Hanied a tenu à clarifier sa position pour désamorcer les tensions : il ne sera pas un obstacle au changement. Affirmant qu’il ne bloquera aucun candidat crédible à sa succession, il a néanmoins tracé une feuille de route bien précise. Tout le processus de transition administrative a été gelé en attendant la fin des play-offs de la section volley-ball du club.
Une fois cette échéance sportive passée, les choses devront s’accélérer formellement avec la convocation d’une Assemblée Générale Extraordinaire (AGEx). Cette instance aura pour mission principale de mettre en place une commission de recueil de candidatures, ouvrant ainsi officiellement les portes du club à un nouveau repreneur. Si la démarche se veut démocratique et ordonnée, elle souffre toutefois d’un timing excessivement tardif par rapport aux impératifs du football de haut niveau.
Pendant qu’on temporise, les rivaux s’activent déjà
Le football moderne a horreur du vide, et le marché des transferts n’attend pas les AGEx. Pendant que le NAHD est englué dans ses formalités administratives et ses arbitrages intersections, ses concurrents directs pour l’accession affûtent déjà leurs armes. L’exemple le plus frappant et le plus douloureux pour les supporters nahdistes est celui du voisin et rival de toujours, le RC Kouba. Le Raed n’a pas perdu une seule seconde : la direction koubéenne a d’ores et déjà ficelé son effectif, ciblé ses recrues estivales et planifié sa préparation d’avant-saison. Ce décalage flagrant met en lumière le retard structurel que le NAHD est en train d’accumuler. Comment convaincre les meilleurs joueurs du marché ou un staff technique de renom quand l’identité même du futur patron du club reste un mystère ?
Finir dans le Top 5 ou sombrer
Si le retard à l’allumage est inquiétant, c’est aussi parce que le contexte de la saison à venir s’annonce d’une hostilité sans précédent. La saison prochaine ne ressemblera en rien à une promenade de santé. En effet, avec l’application de la nouvelle formule de compétition, une véritable guillotine sportive va s’abattre sur la Ligue 2 : pas moins de 9 équipes seront rétrogradées en Inter-Régions à l’issue de l’exercice. Pour assurer son simple maintien dans l’antichambre de l’élite, le NAHD aura l’obligation comptable de terminer au minimum à la 5e place de son groupe. Dans une telle configuration, la marge d’erreur est inexistante. Parler d’accession en Ligue 1 Mobilis dans ces conditions relève pour l’instant de l’utopie si le club ne passe pas immédiatement aux choses sérieuses.
O.Y.
