La saison des catégories jeunes du NA Hussein Dey ne s’est pas seulement jouée sur les rectangles verts ; elle a surtout alimenté les conversations les plus passionnées dans les fiefs des Sang et Or, faisant couler des torrents d’encre. Au cœur de la discorde : la nouvelle stratégie de recrutement des jeunes talents. Faut-il sanctuariser le vivier algérois ou s’ouvrir aux pépites de l’intérieur du pays ? Le débat divise profondément la famille du Nasria.
Pour de nombreux observateurs et amoureux du club, le NAHD est en train de perdre son ADN, historiquement basé sur le repérage des génies locaux d’Hussein Dey, de La Montagne, Leveilley ou de Kouba. Les critiques ont fusé lorsque la direction a commencé à intégrer des éléments venus d’autres wilayas.
Le cas du jeune Bourouina, encore cadet (U18) déniché à Chlef, ou celui de Louni, ramené de l’E Sour El Ghozlane, cristallisent les tensions. Les sceptiques estiment que le club aurait dû se concentrer exclusivement sur les pépites des quartiers environnants. Plus encore, l’aménagement spécifique d’un vestiaire au centre de Bensiam pour héberger et accueillir ces joueurs venus de loin a grincé des dents, certains jugeant ces efforts logistiques disproportionnés pour des catégories de jeunes.
Amine Tata veut copier Amar Boudissa
Face à cette fronde, le patron des catégories jeunes, Amine Tata, assume pleinement ses choix et défend sa feuille de route avec des arguments solides. Pour lui, cette méthode n’est pas une improvisation, mais une vision stratégique pour attirer les talents les plus prometteurs du pays avant qu’ils ne soient chipés par la concurrence.
Pour légitimer cette politique, le dirigeant nahdiste brandit une référence absolue : Amar Boudissa. Véritable monument de la formation au NAHD, Boudissa aurait lui-même recommandé, cette ouverture nationale pour régénérer les effectifs du club et l’a conseillé même de tenter de leur assurer un gite fut-il dérisoire. Aménager Bensiam pour en faire un pôle d’attraction moderne était donc un impératif pour offrir à ces jeunes expatriés les conditions minimales de réussite.
La JSEB s’arrache déjà Louni
Et force est de constater que sur le plan de la rentabilité sportive et de la valorisation, la méthode que défend Tata commence à porter ses fruits. L’exemple le plus frappant reste celui du milieu de terrain Louni. Ses prestations sous la tunique des Sang et Or ont été tellement convaincantes qu’il est aujourd’hui courtisé par le nouveau promu en Ligue 1 Mobilis, la JS El Biar qui aura ficelé son transfert.
Qu’un club de l’élite s’intéresse de si près à un produit post-formation du NAHD prouve que la cellule de prospection ne s’est pas trompée sur la marchandise. Ces joueurs, hier méconnus, sont désormais devenus des valeurs marchandes courtisées sur le marché national.
O.Y.
