Le président du RC Kouba bouscule les traditions en confiant les pleins pouvoirs sportifs à son entraîneur pour la saison à venir. Arrivé en cours de phase retour, Cherif Hadjar prolonge l’aventure avec la ferme intention de gommer la terrible frustration des play-offs manqués de justesse.
La gestion du recrutement au Raed prend un virage radical cet été sous l’impulsion du président Salim Messani. Contrairement aux campagnes précédentes où la direction s’impliquait massivement dans le choix des joueurs, le patron du club a choisi de se mettre en retrait pour laisser les coudées franches à Cherif Hadjar. Cette marque de confiance absolue transforme l’homme fort de la fin du dernier exercice en maître d’œuvre unique du futur effectif. L’objectif de cette manœuvre est d’éviter les erreurs de casting du passé et de bâtir un groupe homogène, choisi uniquement sur des critères technico-tactiques indiscutables. La particularité réglementaire de la Ligue 2, où les joueurs s’engagent via des licences d’une seule année, offre une liberté totale à l’entraîneur. À la fin de cet exercice, l’ensemble de l’effectif s’est retrouvé libre de tout engagement contractuel, permettant au coach de faire table rase. Fort de son observation minutieuse durant la seconde moitié du championnat, Cherif Hadjar a pu dresser en toute indépendance la liste des éléments à conserver et cibler avec précision les postes nécessitant des renforts immédiats. C’est une configuration idéale pour ce coach qui sait exactement ce qui a manqué à son équipe pour franchir le cap ultime. En coulisses, l’activité est débordante et le rythme des discussions s’accélère entre les deux hommes forts du club. Les séances de travail et les réunions se multiplient quotidiennement pour étudier les profils des recrues potentielles et finaliser les dossiers prioritaires. Le président Messani se charge de l’aspect financier et de la validation administrative, tandis que le coach valide la cohérence sportive de chaque arrivée. Cette collaboration harmonieuse et cloisonnée démontre une volonté commune de professionnaliser la gestion du football au sein de la formation koubéenne. Le public de Benhaddad suit cette petite révolution avec énormément d’espoir et une pointe de soulagement. Les supporters réclamaient depuis longtemps que le pouvoir technique revienne intégralement à un homme de terrain ayant déjà prouvé sa valeur dans l’urgence. En éliminant les interférences extra-sportives dans la composition de l’équipe, le Raed se donne les moyens de démarrer la compétition avec une armada prête pour le combat. Cette méthode inédite responsabilise directement le staff technique face aux exigences de l’environnement koubéen. Tout le monde avance désormais main dans la main, avec la certitude que cette unité sacrée et ce choix de la rigueur permettront au club de surmonter les pièges de la division pour arracher la montée.
M.A.
