4 juin 2026
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Aïssa Mandi : « Se donner à 100 % pour le peuple algérien »

Le défenseur algérien parle de la fierté de la responsabilité de porter le maillot des Fennecs, et de leur lien spécial avec leurs supporters.

Joueur le plus capé des Fennecs, le défenseur central s’est confié à la FIFA sur son rôle et son ambition pour la Coupe du Monde 2026. AïssaMandi sera l’un des leaders de l’Algérie à la Coupe du Monde 2026 Le défenseur du LOSC Lille s’est confié dans un long entretien exclusif pour la FIFA

Les Fennecs affronteront l’Argentine , l’ Autriche et la Jordanie dans le Groupe J. Au fil de ses 114 sélections, AïssaMandi a tout connu avec l’équipe d’Algérie à la Coupe du Monde de la FIFA: l’euphorie du parcours magnifique en 2014 au Brésil, la frustration de la non-qualification pour les deux éditions suivantes et la joie de retrouver la compétition reine. Désormais installé comme l’un des dirigeants des Fennecs – et membre du club des « Centenaires » avec Riyad Mahrez , lui aussi retenu dans la liste pour le Mondial – il aborde son rôle avec autant de fierté que de responsabilité, au sein d’une sélection avancée par tout un peuple. Le défenseur estime que, pour espérer égaler, voire surpasser, leur meilleur parcours historique dans la compétition – ce huitième de finale de 2014 où elle a poussé l’Allemagne dans ses derniers retranchements (défaite 2-1 ap) – les Algériens pourront s’appuyer sur les leçons retenues du passé et sur un groupe uni, comme il l’a confié dans un entretien exclusif pour la FIFA.

Aïssa, quand on vous dit « Coupe du Monde », qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?

C’est forcément la plus belle des compétitions. C’est représenter son pays à l’échelle internationale, donc c’est quelque chose d’extraordinaire. J’ai eu la chance d’en faire une, donc une deuxième, c’est vrai que ce n’est pas de trop. C’est toujours un rêve de gosse.

Vous avez disputé l’édition 2014, quels souvenirs gardez-vous ?

Tous ! Du début à la fin, de la qualification en Algérie, jusqu’au dernier match contre l’Allemagne où je pense qu’on a fait bonne figure, on a montré une belle image de l’équipe, du pays. Après, le retour en Algérie a été extraordinaire.

Douze ans plus tard, vous retrouvez la Coupe du Monde. Comment jugez-vous le parcours de l’Algérie depuis ?

On a eu beaucoup de moments difficiles en équipe nationale après cette Coupe du Monde. On a eu un peu de mal à se relever. Mais à force de travail et de persévérance, on a fait le nécessaire pour retrouver enfin une Coupe du Monde après deux échecs. On n’a pas lâché, c’est ce qui nous définit aussi comme nation et comme équipe.

Quel souvenir gardez-vous de votre première sélection en équipe d’Algérie ?

Je me souviens encore, comme si c’était hier, de la première fois que j’ai foulé le terrain en tant que joueur de l’équipe nationale. La première fois que j’ai écouté l’hymne national sur le terrain, c’est quelque chose d’indescriptible. C’est tout simplement magique. Une fois déjà, c’est incroyable. Alors une centaine de fois, je n’aurais même pas pu l’imaginer.

Vous êtes le recordman du nombre de sélections en équipe d’Algérie. Qu’est-ce qui a changé entre la première fois que vous avez enfilé ce maillot et aujourd’hui ?

J’ai plus d’expérience, forcément. J’ai pris de l’âge et je me rends compte un peu de l’importance de porter ce maillot. Mais c’est toujours quelque chose de spécial, que ce soit la première ou la dernière fois. C’est quelque chose de magique, de spécial, et on ressent toujours les frissons quand on rentre sur le terrain pour représenter l’Algérie.

Vous êtes maintenant l’un des leaders de cette équipe. Quelle responsabilité avez-vous par rapport aux joueurs plus jeunes ?

Celle de transmettre. Moi, j’ai une expérience maintenant, comme d’autres. On doit leur faire comprendre ce que c’est de représenter l’Algérie, quelle responsabilité représente ça… Ce qu’il faut faire pour ne jamais tricher, pour toujours être au top pour représenter l’Algérie. Dès que tu rentres sur le terrain, ça doit être une grande fierté. On doit se donner à 100 % pour le peuple, pour le pays. C’est notre devoir, c’est notre responsabilité en tant qu’anciens du groupe.

Qu’est-ce qui a changé dans la mentalité et l’expérience de l’équipe ?

Ça s’est joué à une minute [lors des qualifications pour] la dernière Coupe du Monde en 2022. On était très proches. Ça se joue à pas grand-chose (élimination par le Cameroun en barrages africains en fin de prolongation, 1-0, 1-2 ap). C’est le football. C’est dur à comprendre, mais c’est de l’expérience à prendre, connaître les erreurs à ne plus commettre pour être plus fort en tant qu’individualité. Et surtout, ce qui fait la différence, c’est d’être plus fort en tant que groupe.

Ça vous donne confiance pour pouvoir jouer contre les meilleures nations du monde ?

Ce n’est pas en tant qu’individu que j’ai envie de répondre. Ce n’est pas sur le plan individuel, c’est surtout sur le plan collectif. Je pense qu’il faut être armé sur le plan collectif pour répondre à ce genre de compétition, être prêt techniquement, tactiquement, travailler avec le staff et en tant que groupe. Jusqu’à preuve du contraire, le foot, c’est un sport collectif. Ce n’est que collectivement qu’on répondra à ce genre de questions.

Quand le monde va regarder l’Algérie à cette Coupe du Monde en 2026, que voulez-vous qu’il ressente vis-à-vis de cette équipe ?

De la passion. C’est ce qui est essentiel. Des joueurs qui se donnent à 100 % pour rendre fier un salaire. Tout ne sera pas parfait, forcément, comme toutes les équipes. Mais une équipe qui ne lâche rien, c’est ça que j’ai envie de transmettre. Un groupe fort, réuni et qui va vers l’avant.

In fifa.com

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