Aït-Nouri : Plus haut, plus fort ?
Lors du rassemblement de mars, Rayan Aït-Nouri était très en vue avec l’équipe nationale. Le gaucher, utilisé -dans un premier temps- comme latéral, a montré une certaine faculté d’adaptation et une flexibilité tactique remarquable lorsqu’il a été placé un peu plus haut dans le milieu du terrain. Samedi, lors du match de Wolverhampton Wanderers, son club, contre West Ham United, il a livré une belle prestation avant de sortir sur blessure. Les performances de l’Algérien dans le milieu de terrain peuvent donner des idées à Vladimir Petkovic. Surtout que l’ancien sociétaire de l’Angers SCO est en train de prendre une nouvelle dimension.
Par Mohamed Touileb

Le 11 mars dernier, après un match compliqué face à Nottingham Forest, Gary O’Neil, entraîneur des Wolves, a fait une déclaration qui reflète toute l’importance qu’Aït-Nouri a désormais au sein des « Wolves ». Lui qui était marginalisé par Julen Lopetegui la saison dernière et qui songeait même à changer d’air lors du dernier mercato estival en étant même très proche de signer à l’OGC Nice. « Ils sont restés totalement engagés aujourd’hui dans un match difficile et ont tout donné, mais nous devons améliorer un peu la qualité. On manque deux de nos meilleurs joueurs en un contre un qui évolue sur les côtés, Rayan [Ait-Nouri] et Pedro [Neto], qui nous auraient certainement apporté quelque chose contre leur défense à cinq », avait noté O’Neil.
La liberté augmente la créativité
Aujourd’hui, le Vert brille de mille feux. Il est plus épanoui que jamais et connaît, à 22 ans, sa meilleure saison en carrière. Et c’est grâce à O’Neil qui l’a complètement libéré en laissant le Fennec étaler son sens technique et sa créativité. Le technicien anglais a pu se rendre compte qu’Aït-Nouri a des qualités certaines pour évoluer au plus haut niveau et venir s’imposer dans la très exigeante Premier League. Mais ce n’est pas vraiment en pur latéral gauche qu’il est en train de s’illustrer puisqu’il est plutôt milieu gauche. Parfois, on le retrouve même au cœur du jeu partant dans des chevauchées fascinantes et pleines d’aisance avec la balle. Pour un joueur qui a dit admirer un certain Marcelo, le Brésilien qui évoluait au Real Madrid, on peut voir une influence certaine dans le jeu. Et cela reste agréable pour les yeux. Surtout quand c’est efficace puisque l’ex-Angevin marque des buts, délivre des passes et obtient des penalties. L’impact est là.
Ça peut donner des idées mais…
Depuis le début de la saison, Aït-Nouri a fait 31 apparitions pour 3 buts et 2 passes décisives tous signés sur les 5 derniers matchs. Le pic footballistique est en train d’être atteint par le Dz qui est tranchant et vertical dans son jeu. Notamment lorsqu’il est placé un peu plus haut sur le terrain avec une capacité de projection et la lecture de l’espace qui sont remarquables. L’idéal pour ce type de joueurs est d’évoluer dans des schémas qui leur permettent de faire parler leur vocation offensive. Le 3-5-2 est le dispositif le mieux indiqué pour les laisser s’exprimer. Et quand on sait que Vladimir Petkovic compte sa mise en place parmi les préférées, on peut penser qu’essayer de passer à un double-pivot et deux attaquants poussera, probablement, le Bosnien à recourir à cette mise en place dans l’avenir. Et cela permettra aussi de tirer le maximum d’Aït-Nouri. Et cela donnera plus de consistance au jeu et augmentera la force d’El-Khadra.
Après, il y a un seul petit bémol, il s’agit des espaces que la projection risque vers l’avant d’Aït-Nouri laisserait. Aussi, il y a le problème de ses blessures qui ne sont pas très récurrentes mais bien présentes. D’ailleurs, avant-hier en réception des Hammers, il a dû céder sa place. L’EN devra donc aussi avoir un élément de rechange. Et, aujourd’hui, les alternatives qualitatives ne sont pas en nombre.
M.T.
