Le NA Hussein Dey traverse l’une des périodes les plus sombres et les plus floues de son histoire contemporaine. Alors que la trêve estivale devrait être le théâtre d’une reconstruction ambitieuse et d’une planification rigoureuse, le club se retrouve aujourd’hui otage d’un immobilisme administratif destructeur. Le retard pris dans la désignation d’une nouvelle présidence n’est plus une simple affaire de bureaucratie interne : c’est un poison lent qui paralyse toutes les structures de cette institution historique et dont les conséquences, inévitables, risquent de frapper de plein fouet l’équipe première dès le coup d’envoi de la prochaine saison.
L’exode massif des cadres
Dans le football moderne, le temps est une denrée rare, et l’incertitude est le pire ennemi de la stabilité. En l’absence d’un patron légitime à la tête du club pour formuler des propositions concrètes et rassurer les troupes, le NAHD est en train de perdre sa plus grande richesse : son capital humain.
Les joueurs actuels, livrés à eux-mêmes et las d’attendre des garanties financières et sportives qui ne viennent pas, commencent logiquement à tourner le regard vers des cieux plus cléments. Le marché des transferts est impitoyable, et plusieurs formations plus ambitieuses, aux reins financièrement solides, sont d’ores et déjà prêtes à «mettre le paquet» pour enrôler les meilleurs éléments du Nasria. Si rien n’est fait dans l’immédiat, le club va assister, impuissant, à un exode massif de ses cadres. Reconstruire une équipe compétitive à partir de zéro avec des miettes théorisera un déclin sportif quasi certain.
Le crash de la préparation estivale
Au-delà de l’aspect contractuel et administratif, c’est la viabilité technique de la saison prochaine qui est lourdement compromise. Les techniciens et les préparateurs physiques sont unanimes : pour entamer un championnat dans des conditions optimales, une équipe professionnelle a besoin d’au moins deux mois de préparation intensive.
Ce cycle indispensable comprend, la mise en place des tests médicaux et physiques de pré-saison, une phase de préparation foncière rigoureuse, l’organisation d’un stage d’intersaison à l’étranger ou dans un centre spécialisé pour souder le groupe et une série de matchs amicaux pour parfaire les automatismes.
Or, pour orchestrer tout cela, il faut de l’argent frais. Il faut une manne financière immédiate pour payer les frais logistiques de la préparation, réserver les lieux de stage, régler les premiers salaires et assurer les coûts liés au recrutement. Sans président pour débloquer les fonds ou négocier des lignes de crédit, le NAHD se dirige tout droit vers une préparation bâclée, précipitée, voire inexistante.
Le constat est alarmant : Commencer un championnat avec un déficit physique et tactique face à des adversaires sur-entraînés équivaut à un suicide sportif. Le NAHD ne joue pas seulement avec le feu, il planifie son propre naufrage si l’assemblée générale et les forces vives du club ne provoquent pas un électrochoc dans les prochaines quarante-huit heures. L’heure n’est plus aux calculs personnels, mais à la survie.
O.Y.
