7 juin 2026

Et si Hanied orchestrait un retour fracassant ?

 Dans les travées du Nasria, le suspense est digne des plus grands feuilletons de l’été. Alors que le NA Hussein Dey semblait s’enfoncer inexorablement dans le flou le plus total après l’annonce du départ de son président, un scénario inattendu commence à prendre de l’épaisseur. Yacine Hanied, qui avait pourtant clamé haut et fort son intention irréversible de démissionner- d’abord de manière officielle lors de l’Assemblée Générale ordinaire, puis avec fracas devant les projecteurs lors d’une conférence de presse mémorable -, pourrait bien faire machine arrière. Un coup d’éclat qui redessinerait totalement l’avenir immédiat du club, mais qui s’apparente surtout à un choix dicté par l’urgence et le vide sidéral autour de sa succession.

Le spectre du vide juridique et l’obligation de rester

La réalité du football algérien est souvent pragmatique : on ne laisse pas un club de la dimension du NAHD sans pilote à bord, sous peine de le condamner à la relégation administrative ou au forfait général. En l’absence flagrante de candidats sérieux et audacieux pour reprendre le flambeau, Yacine Hanied se retrouve face à un cas de conscience, mais aussi face à une obligation morale et réglementaire. Si personne ne se bouscule au portillon pour endosser le costume de président, il sera contraint de poursuivre sa mission.

Hanied sait pertinemment que ce prolongement de mandat ne sera pas un long fleuve tranquille. Le climat est lourd, les supporters s’impatientent et les chantiers sont titanesques. Repartir pour un tour signifie replonger instantanément dans l’arène, avec la lourde responsabilité de mobiliser des fonds colossaux en un temps record pour amorcer le début de la nouvelle saison, payer les dettes immédiates et lancer le recrutement.

Le nerf de la guerre : Récupérer les 5 milliards injectés

Au-delà du sauvetage institutionnel, les motivations de Yacine Hanied sont également financières. Lors de sa dernière sortie médiatique, le président sortant (et potentiel revenant) avait jeté un pavé dans la mare en dévoilant l’état des comptes et, surtout, son investissement personnel. Hanied a révélé avoir injecté pas moins de 5 milliards de centimes de ses propres deniers pour maintenir le club à flot durant les moments les plus critiques.

En décidant de rester, ou du moins en n’abandonnant pas le navire de manière précipitée, Hanied garde la main sur les leviers financiers du club. Son objectif sous-jacent est clair : piloter la transition ou la nouvelle saison afin de trouver les mécanismes légaux et économiques lui permettant de récupérer tout ou partie de cette dette colossale que le club a contractée envers lui.

L’attentisme de Meziane Ighil change la donne

Si le retournement de veste de Yacine Hanied est aujourd’hui sur toutes les lèvres, c’est aussi parce que la piste menant à l’alternative numéro un est en train de s’enclouer. Tous les espoirs des « sages » du NAHD et des supporters reposaient sur la figure emblématique de Meziane Ighil. Les réunions successives entre les notables du club et l’ancien sélectionneur national laissaient présager une passation de pouvoir naturelle et rassurante.

Toutefois et malgré l’insistance de l’entourage du club, Ighil refuse de sauter le pas à l’aveuglette. Sa position est ferme : il ne se présentera que s’il obtient des garanties financières strictes et s’il trouve les fonds nécessaires en amont pour gérer le club dignement.

Cet attentisme prudent d’Ighil, qui refuse de s’engager dans une aventure sans lendemain financier, crée un statu quo qui fait directement les affaires de Hanied. Voyant que l’alternative tant espérée hésite et recule, Yacine Hanied se sent conforté et légitimé dans l’idée que, pour l’instant, il reste le seul rempart contre le chaos.  

 O.Y.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *