C’était certainement un joueur de qualité qui aurait pu renforcer l’équipe nationale d’Algérie… si les choses avaient pris un cours normal. Mais Yacine Adli a publiquement dit, en mars dernier, qu’il préférait représenter l’équipe de France pour des considérations « sportives ». Seulement, Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus, ne pense pas que le Franco-Algérien ait les qualités requises pour rejoindre ses troupes. Il ne l’a – sans surprise – pas retenu dans sa liste des joueurs concernés par l’EURO-2024 (14 juin – 14 juillet). Une décision qui renvoie le Milanais à la case reconsidération ?
Par Mohamed Touileb
Il y a presque deux mois, alors qu’il parvenait à enchaîner quelques bons matchs avec l’AC Milan, Adli voyait très grand. Trop grand peut-être. En effet, le milieu de terrain, qui avait eu des discussions concrètes avec Djamel Belmadi, ancien sélectionneur des Fennecs, avait estimé qu’il pouvait prétendre à une place en équipe de France à l’approche de l’EURO 2024.
La transparence n’a pas suffi
«Je veux être honnête et transparent sur ma décision plutôt que jouer la carte de l’indécision. Je ne suis qu’un joueur banal avec mes objectifs et que je réussisse à les atteindre ou non ne changera rien à ma personne», avait-il indiqué dans une interview faite pour la Gazetta dello Sport.
L’annonce avait naturellement son préjudice. Et l’ancien sociétaire des Girondins de Bordeaux le savait puisqu’il avait dit : «Il est inutile de me dire que les portes de la sélection (d’Algérie) me sont ouvertes ou non. Avec mes déclarations elles se sont fermées quoiqu’il advienne. J’ai de la fierté et – surtout – qu’une parole, sûrement mon côté algérien». Son argument principal était qu’«en tant que joueur, je veux jouer au plus haut niveau, et jouer pour la France est un de mes objectifs» en arguant que cela «ne veut pas dire que la sélection algérienne n’est pas le très haut niveau mais simplement que le challenge est plus élevé pour moi de vouloir rejoindre l’équipe de France».
Même Kanté lui a été préféré
Les quelques bonnes apparitions du côté de la Lombardie avaient manifestement fait que Adli s’enflamme. Un peu trop. Au point de penser qu’il pouvait se faire une place chez les Champions du monde 2018 et vice-champions 2022 dans un entrejeu pléthorique et qui comptent des joueurs évoluant dans les plus grands clubs à l’instar de Tchouameni et Camavinga, qui jouent pour le glorieux Real Madrid. D’ailleurs, on peut même mentionner que N’Golo Kanté, qui évolue du côté d’Al-Ittihad (Arabie saoudite), est passé devant lui dans le choix sans oublier Youssouf Fofana même s’il évolue dans un club moins prestigieux (AS Monaco) par rapport aux Rossoneri historiquement.
Il sait qu’il ne peut pas faire machine-arrière
Par conséquent, Adli ne disputera pas un grand tournoi de sitôt avec la tunique des Tricolores. Il devra patienter jusqu’à la Coupe du monde 2026 éventuellement. Une épreuve que les Fennecs pourraient disputer si jamais ils maintiennent la cadence dans les éliminatoires sachant qu’ils dominent le groupe ‘’G‘’ après 2 journées sur les 10 prévues. Interrogé sur son cas avant qu’il ne ferme la porte à El-Khadra, Petkovic avait déclaré : «Yacine Adli est un sujet récurrent. Ce qu’il a dit n’importe pas. Ce qui importe, c’est qu’il joue au Milan et joue bien. On ira manger ensemble lui et moi sans forcément parler de France et d’Algérie. Tout le monde veut les meilleurs joueurs, non ?». Quelques jours après, le technicien bosnien dira : «Ce n’est pas le moment de commenter les déclarations de Yacine Adli. J’ai trouvé une équipe qui a envie de travailler et qui veut tout donner». Le successeur de Belmadi se contentera, à priori, de ce qu’il a sous la main. De toute façon, Adli s’est auto-exclu et la décision d’une réhabilitation ne dépendra pas de lui.