La visibilité pour les gardiens de but qui disputeront la Coupe du monde 2026 avec l’Algérie est brouillée. En effet, si Luca Zidane, opéré d’une fracture à la mâchoire et au menton, devrait rattraper le wagon à temps, Anthony Mandréa et Melvin Mastil sont incertains. Les deux portiers ont – respectivement – subi des opérations. Le premier au niveau de l’épaule et le second a soigné une hernie inguinale. Par conséquent, ils n’ont pas de certitude pour être du voyage. Dans cet horizon embrumé, Alexandre Oukidja (37 ans/7 sélections), surgit. Sans club et de retour de blessure, il se met publiquement à disposition de la sélection en cas de besoin.
Il n’en démord pas. Oukidja, qui se remet d’une opération au niveau du genou, a toujours l’Equipe nationale dans un coin de la tête. Celui qui s’entraîne avec la réserve du FC Metz depuis le mois de février, pour essayer de retrouver son niveau, s’imagine bien disputer la Coupe du monde 2026 avec les Verts. Ainsi, dans un entretien avec So Foot, le keeper propose ses services même s’il sait que ce comeback est difficilement réalisable.
Un destin à la Roger Milla le fait rêver
En effet, le dernier rempart algérien déclare : «Depuis février, je m’entraîne avec la réserve de Metz, ça me fait beaucoup de bien mais pour être appelé en sélection et participer à la Coupe du monde, il faut être compétitif, être sous contrat, ce que je ne suis pas». Après, il a un motif d’espoir. Le keeper rappelle que «RogerMilla avait bien disputé la Coupe du monde à 42 ans et sans contrat…»
Sur ses récents rapports avec la sélection, il indique qu’«en début d’année, j’ai discuté avec le sélectionneur (Vladimir Petković), pour lui dire que je me préparais au cas où. Pour apporter un peu plus d’expérience, puisqu’avec Riyad Mahrez et AïssaMandi, je fais partie des plus anciens».
« Persuadé d’avoir ma place en sélection »
Par ailleurs, Oukidja pense qu’il peut avoir un rôle à jouer dans la conjoncture actuelle. «Pourquoi pas aussi accompagner les jeunes gardiens, parce qu’en sélection, on cherche encore le successeur de Raïs M’Bolhi, ce qui est compliqué», propose-t-il. Dans la foulée, il assure que «si je n’arrive pas à participer à cette Coupe du monde, au moins j’aurais tout mis en œuvre pour y arriver. Et puis ça m’aura permis de préparer la saison d’après.»Pour ce qui est de sa capacité à tenir son rang dans une compétition importante comme le Mondial, l’ex-Messin a l’intime conviction d’être éligible. «Ce n’est que mon avis, mais je suis persuadé d’avoir ma place en sélection. C’est peut-être un sentiment égoïste, mais je le dis parce que depuis janvier, je bosse constamment. Tous les jours, sauf le dimanche. Sur les terrains et en salle de muscu pour me préparer en vue de la Coupe du monde. De mon côté, je dirais donc que je suis prêt. Mais les gens qui ne voient pas ça de l’extérieur se diront toujours : “Ok, il fait quelques entraînements, mais est-il prêt ?” Ce que j’aimerais, c’est être dans la liste élargie du sélectionneur, s’il en fait une. Qu’il m’observe dans le groupe pendant une semaine, et qu’il fasse son choix», préconise-t-il.
Le conseil de son agent
En parlant de sa situation vis-à-vis d’El-Khadra, l’ancien pensionnaire du RC Strasbourg a révélé que son agent lui a «conseillé d’appeler la sélection pour préciser que ‘‘j’’’étais prêt». Toutefois, Oukidja n’a pas fait la démarche de peur que ça soit «peut-être mal vu. Même si ça fait des années que je suis en Equipe nationale, j’ai peur que ce soit perçu comme un manque de respect envers les gardiens qui ont joué toute la saison».«Je ne sais pas… En tout cas, je dirais que je suis là. Si je suis sélectionné, c’est un miracle, si je ne le suis pas, ce n’est pas un scandale», enchaîne-t-il. Quant aux chances de l’Algérie au tournoi planétaire, Oukidja est optimiste. Il pense que «ce sera une équipe décomplexée, fière et ambitieuse. L’équipe jouera son jeu, que ce soit contre l’Argentine, l’Autriche ou la Jordanie. Je la vois passer les poules, voire aller en quarts si tout se passe bien. Mais il faudra déjà bien négocier ces premiers matchs et aussi faire avec les événements : les blessures, les suspensions, les faits de match. Mais je reste confiant pour cette Coupe du monde», a-t-il une chance d’y être ? On pense croire que cela soit peu probable. «Ce que je veux, c’est être dans le groupe. Participer à une Coupe du monde, ce serait l’apothéose de ma carrière», clôt-il. Détermination palpable. Mais pas certain qu’elle suffise à elle seule.
M.T.
