2 juillet 2026

Suisse–Algérie : Les Verts ont un coup à jouer

Pour la deuxième fois en cinq participations à la Coupe du monde, l’Algérie va disputer la phase à élimination directe. Éliminés dès leur premier match à ce niveau en 2014 par l’Allemagne (2-1 a.p), les Verts cherchent à remporter leur tout premier match dans le «knock-out stage» d’un Mondial. Pour cela, il faudra se défaire de la Suisse que les protégés de Vladimir Petkovic affronteront cette nuit (04h00) au BC stadium de Vancouver (Canada).

Par Mohamed Touileb

Étant donné qu’ils évoluent sur deux continents différents, jamais les deux sélections ne se sont affrontées en match officiel. Le seul passif qui existe entre les Algériens et les Helvètes est en amical avec deux succès pour ces derniers. Le premier était un 30 novembre 1983 au stade 5-Juillet 1962 (Alger) sur le score de 2 buts à 1 et le second à Charmilles (Genève) le 6 mai 1986 (2-0).

Les Suisses se rassurent comme ils peuvent

Ces retrouvailles, 40 ans après entre la «Nati» et les «El-Khadra» seront dans un autre contexte qui est officiel et prestigieux puisqu’il s’agit d’un match couperet de Coupe du monde. Chacune des deux sélections a ses arguments et son ambition pour durer dans cette épreuve planétaire. Il est évident que les camarades de Granit Xhaka, que Petkovic connaît bien tout comme dix autres joueurs de l’effectif, pour les avoir entraînés entre 2014 et 2021 lorsqu’il était aux commandes techniques de notre adversaire du jour.   Ce détail peut-il peser ? Les Suisses veulent se rassurer en pensant que ce n’est pas le cas. Dans une déclaration à RTS Sports, Raoul Savoy, sélectionneur du Tchad et passé par le MC Oran (2012) et le MC El-Eulma (2013), «ne le pense pas» que cela soit un avantage duquel les «Guerriers du Désert» pourraient tirer profit. «Bien sûr que sa présence va être une garantie de “storytelling” pour les médias durant les jours qui viennent et ce sera une jolie petite histoire, mais je ne suis pas convaincu que le fait qu’il soit le sélectionneur adverse aura une quelconque influence», estime le technicien.

Le vécu de Petkovic peut peser

Ce qui conforte cette perception, c’est que «lui-même (Petkovic) n’est pas un grand émotif, donc il ne va pas appuyer sur ses liens avec la Suisse dans son discours auprès de ses joueurs ou auprès des médias. Et puis, honnêtement, si cela peut éventuellement titiller un peu la corde sensible des Helvètes, je peux vous assurer que les Algériens n’en auront rien à faire.»

Au-delà de ce paramètre, même s’il n’y a que Riyad Mahrez, Aïssa Mandi et Nabil Bentaleb qui connaissent déjà l’expérience d’un match à élimination directe au Mondial puisqu’ils étaient lors de la campagne mémorable de 2014, on peut compter sur le vécu de Petkovic à ce niveau. L’entraîneur a constamment passé le premier tour des compétitions avec la Suisse. Il compte un 1/8 et un ¼ de l’EURO (2016 et 2020) et un 1/8 de finale de Coupe du monde lors de l’édition 2018 en Russie.

Benbouali opérationnel, Amoura pas à 100%

Pour revenir aux données de cette rencontre, on notera que Nadhir Benbouali, buteur et touché lors du match face à la Jordanie et non-aligné pour la sortie contre l’Autriche, est de nouveau à disposition. Mohamed Amine Amoura, qui donnait des signaux positifs pour être de nouveau disponible pour cette rencontre, risque d’être court. Sa vitesse aurait été d’une aide précieuse pour bouger le bloc suisse.

En tout cas, on rappellera que la faiblesse de l’Algérie réside dans sa défense qui a craqué dans chacune des trois sorties de la phase de groupes. Pour tenter de soigner cette perméabilité, on peut s’attendre à ce que Petko privilégie l’option d’un axe central à trois défenseurs qui seront Mandi, Belaïd et Bensebaïni. Dans ce genre de matchs, la priorité est de ne pas encaisser. Offensivement, la qualité des milieux et des attaquants peut faire la différence.

M.T.

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