10 août 2026

À l’approche des Jeux méditerranéens, la contestation gagne la Fédération

À moins de deux semaines du début du tournoi de boxe des Jeux méditerranéens, prévu du 22 au 29 août à Tarente (Italie), la Fédération algérienne de boxe (FAB) traverse une zone de fortes turbulences. Derrière une apparente sérénité, la contestation enfle et de nombreuses interrogations demeurent sans réponse.

Le malaise trouve son origine dans la composition de la délégation officielle, qui a écarté plusieurs entraîneurs ayant pourtant assuré l’essentiel de la préparation des boxeuses et des boxeurs. Le cas de l’équipe féminine est particulièrement révélateur : ni l’entraîneur principal ni son adjoint ne figurent dans la délégation. À leur place a été accrédité un entraîneur présenté comme «l’entraîneur privé» d’Ichrak Chaib. Une décision qui ne manque pas de susciter l’incompréhension.

Du côté de l’équipe masculine, si l’entraîneur en chef a bien été retenu, aucun de ses trois adjoints n’a été intégré. Une situation qui alimente davantage les interrogations au sein du staff technique.

Les choix des boxeurs soulèvent également de nombreuses questions. Le cas le plus marquant est celui d’Abbas Mohamed (55 kg), présent à toutes les compétitions internationales de préparation et ayant bénéficié d’un programme complet. Sa non-sélection apparaît comme un véritable gâchis, tant sur le plan sportif que financier.

Autre décision controversée : l’intégration de Smain Bakhsis (65 kg), alors qu’il n’a participé à aucune des compétitions internationales disputées cette saison par la sélection nationale. Plus surprenant encore, Walid Allaloui, engagé dans deux tournois internationaux, dont le dernier en Bosnie-Herzégovine dans la catégorie des 65 kg, a finalement été retenu en 60 kg, au détriment de Mouatez Bechagara, pourtant régulièrement aligné en compétitions internationales.

La sélection de Youcef Islam Yaiche ne manque pas non plus de susciter le débat. Si ses qualités techniques sont unanimement reconnues, son état de préparation interroge. Blessé durant une grande partie de la saison, il n’a participé qu’au tournoi de Bosnie-Herzégovine, contrairement aux critères de sélection publiés par la FAB, qui faisaient des compétitions internationales d’évaluation un élément déterminant.

Enfin, le cas de Abderrahim Magtaa mérite également d’être évoqué. Le boxeur revient d’une défaite par K.-O. dès le premier round lors du tournoi de Bosnie-Herzégovine. Or, les règlements de World Boxing prévoient, après un K.-O., une période minimale de trente jours avant toute reprise de la compétition, sous réserve d’un avis médical favorable. Là encore, des interrogations persistent.

Chez les dames, où l’Algérie sera représentée par cinq boxeuses, la logique de préparation a été globalement respectée. Les athlètes évolueront, pour la plupart, dans leur catégorie habituelle. Deux exceptions sont toutefois à relever : Melissa Hamada, initialement engagée en 60 kg, combattra finalement en 57 kg, tandis qu’Ichrak Chaib sera alignée en 60 kg afin de permettre à Djouher Benane d’évoluer chez les 65 kg.

S’agissant de l’encadrement, le président de la FAB, également membre du Comité olympique et sportif algérien (COA), ainsi que le Directeur technique national (DTN), ont été accrédités. En l’absence des véritables entraîneurs adjoints, le DTN devrait logiquement assurer ce rôle, tandis que le président de la Fédération remplira les fonctions de chef de délégation.

À quelques jours d’une échéance aussi importante que les Jeux Méditerranéens, ces choix techniques et administratifs alimentent les critiques et risquent de fragiliser davantage un climat déjà tendu au sein de la Fédération algérienne de boxe. Il se murmure d’ailleurs qu’un rapport détaillant plusieurs dénonciations aurait été transmis au ministère des Sports.

Dans un tel contexte, difficile d’espérer une préparation sereine. Les résultats qui seront obtenus sur le ring pourraient bien refléter les dysfonctionnements observés en amont. Car, comme le dit l’adage, « Qui sème le vent récolte la tempête. » En sport comme ailleurs, l’improvisation et les décisions controversées finissent souvent par présenter la facture.

  • A.

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