En s’imposant sur la plus petite des marges au stade Benrabah de Dar El Beïda face au RC Arbaâ, le Nasria a repris un bol d’air très appréciable au classement. Plus qu’une simple victoire comptable, ce succès à domicile agit comme un baume sur une plaie encore béante, refermant temporairement une période d’extrême turbulence.
Par Omar Yahiaoui
Toutefois, si le moral est requinqué chez les Sang et Or, le contenu de la prestation rappelle à quel point le chantier reste colossal pour le staff technique.
Pour bien mesurer la portée de cette victoire à Dar El Beïda, il faut se replonger dans le contexte toxique qui précédait ce rendez-vous. La défaite essuyée lors de la journée précédente face à l’USM Blida (3-0) avait agi comme un véritable séisme au sein du club. Ce revers humiliant avait plongé le Nasria dans une crise profonde.
Face au RCA, les Husseindéens jouaient gros. Une nouvelle déconvenue à la maison aurait définitivement plongé l’équipe dans la spirale infernale d’une crise aux conséquences imprévisibles. Dans ces conditions de pression extrême, l’essentiel était d’assurer les trois points pour panser les plaies morales et stopper l’hémorragie.
Des défaillances persistantes face à un adversaire très affaibli
Pourtant, le terrain a livré un constat mitigé. Si le résultat final est satisfaisant, la manière, elle, a laissé poindre de sérieuses inquiétudes. Le NAHD a affiché un visage fébrile, entaché d’erreurs d’inattention défensives et de ratages totalement incompréhensibles sur le plan offensif. Face à une opposition plus réaliste, le prix à payer aurait pu être très lourd.
Il faut dire que l’opposition du jour revenait de loin. Le RC Arbaâ traverse une période dramatique : le club a frôlé le forfait général en raison d’un contentieux lourd de dettes auprès de la FIFA, finalement réglé in extremis à la dernière minute. En manque flagrant de compétition et encore sous le coup de cette instabilité, le RCA représentait l’adversaire idéal pour se relancer. La prestation poussive des Sang et Or face à un rival si vulnérable montre que les traumatismes récents ne sont pas encore totalement évacués.
La patte de Iaïche et l’urgence du chantier tactique
Si la victoire a fini par choisir son camp, le mérite en revient en grande partie au coaching de l’entraîneur Abdelkader Iaïche. En seconde période, ses ajustements tactiques et ses changements ont apporté le sang neuf nécessaire pour forcer la décision. L’incorporation de joueurs percutants a permis de débloquer une situation compromise et d’arracher ce but libérateur. Néanmoins, le technicien nahdiste sait pertinemment que la route est encore très longue. Le chantier reste immense dans toutes les lignes, notamment en attaque, où la précipitation et le manque de lucidité dans le dernier geste doivent être corrigés de toute urgence pour éviter de gaspiller autant de munitions. L’arrière-garde, aussi, concède encore trop de largesses et de moments de déconcentration qui exposent dangereusement les cages husseindéennes.
Désormais, la pression s’est légèrement relâchée, laissant place à la préparation du prochain rendez-vous fixé à vendredi prochain face au GC Mascara. Ce déplacement s’annonce comme un test grandeur nature pour jauger la véritable capacité de réaction du groupement husseindéen. Le staff technique dispose de quelques jours pour apporter les rectificatifs nécessaires, corriger les lacunes flagrantes constatées contre le RCA et remobiliser ses troupes.
O. Y.
