4 novembre 2026

Bendebka : « Les joueurs refusent de reprendre, ils disent qu’ils ne vont pas risquer leur vie pour le football »

Le NAHD s’enfonce dans une crise sans précédent où le volet sportif est désormais relégué au second plan. Au lendemain des événements dramatiques qui ont suivi la défaite enregistrée face au GC Mascara, le manager général du club, Ali Bendebka, est sorti du silence pour livrer un témoignage glaçant sur l’agression subie par la délégation sang et or. Le constat est sans appel : le traumatisme est si profond que l’activité de l’équipe première se retrouve totalement paralysée. «Pour le moment, les joueurs refusent de reprendre les entraînements après les violences vécues le soir après le match perdu face au GCM, où nous avons été victimes d’un guet-apens de certains fans furieux et qui ne contrôlaient plus leurs actes. Nous avons beau tenter de les convaincre de revenir, ils refusent. Ils nous disent qu’ils ne comptent pas risquer leur vie pour le football, eux qui ont vu la mort lors de ces actes gravissimes», a déclaré le dirigeant hussein-déen, décrivant un groupe sous le choc et incapable de se projeter sur le terrain.

« Nous nous sommes mis à réciter la Chahada »

Revenant sur le déroulement de cette soirée cauchemardesque, Ali Bendebka a dépeint des scènes d’une violence inouïe survenues lors du trajet de retour. Prise dans un véritable guet-apens sur la route, la délégation du NAHD a craint le pire face à la furie des assaillants. «A un certain moment, nous nous sommes mis à réciter la Chahada tellement les faits étaient graves et le bus a failli basculer, après les manœuvres dangereuses de ces supporters avec leurs voitures. Les fumigènes fusaient de partout et nous avons vraiment vu la mort devant nos yeux», a-t-il confié avec une émotion palpable. La panique à bord du véhicule a atteint son paroxysme lorsque des projectiles et des engins pyrotechniques ont ciblé directement l’autocar en mouvement, mettant en danger immédiat l’ensemble des joueurs et du staff.

« Le NAHD a pourtant des supporters connaisseurs »

Au-delà du traumatisme physique et psychologique causé aux éléments de l’équipe, le manager du Nasria déplore l’atteinte portée à l’image et à l’histoire d’une institution connue et reconnue. Réputé pour sa tradition de beau jeu et la noblesse de son public, le club hussein-déen se retrouve éclaboussé par des agissements marginaux. «Ce genre de comportements inacceptables et condamnables ne fera qu’entacher la notoriété du club. Le NAHD est connu pour être une entité qui compte des supporters connaisseurs de football, et nous ne savons vraiment pas d’où sortent ces pseudo-supporters qui font tant de mal au club», s’est indigné le responsable hussein-déen, tenant à marquer une frontière nette entre les amoureux sincères du Nasria et les auteurs de cet acte criminel.

« Le coach Iaïche n’avait pas de potion magique »

Sur le plan purement technique, cette crise sécuritaire précipite également le départ de l’entraîneur Abdelkader Iaïche, lui aussi très marqué par cette agression. Tout en reconnaissant les limites actuelles du groupe sur le terrain, Ali Bendebka a tenu à prendre la défense du technicien, estimant que la reconstruction exige du temps et de la sérénité. «Nous sommes conscients qu’il y a des manques au niveau de l’effectif, mais il faut l’accepter et continuer à travailler dans le calme. Le coach Iaïche n’avait pas une potion magique pour rendre l’équipe parfaite dès le début. On aurait aimé le garder à la tête de la barre technique, mais il reste lui aussi profondément traumatisé après ce qu’il a vécu», a conclu Bendebka. Un constat amer qui laisse le NAHD dans l’incertitude la plus totale quant à la reprise de ses activités sportives.

Propos recueillis par Omar Yahiaoui 

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