Le déplacement à Béchar n’a pas seulement rapporté trois points inattendus dans la besace du Nasria, il a surtout agi comme un puissant révélateur. Face à la fronde d’une partie de l’effectif, le coach Aziz Abbas a tranché dans le vif. Désormais, le mot d’ordre est clair : la primauté sera donnée à la jeunesse et à l’engagement, fermant ainsi la porte à ceux qu’il considère comme des «déserteurs».
Dans le football, il y a des victoires qui valent bien plus que leur simple comptabilité. Celle acquise face à l’US Béchar Djedid par des «gamins» issus des U20 restera comme l’acte de naissance d’une nouvelle ère au NAHD, mais aussi comme l’acte de rupture définitive entre Aziz Abbas et les cadres grévistes. Pour le technicien, le sentiment de trahison est profond, presque indélébile. Alors qu’il comptait sur l’expérience de ses piliers pour finir la saison avec dignité, le boycott de ces derniers pour des revendications financières -jugées prématurées par le staff au vu du contexte de crise- a été vécu comme un coup de poignard dans le dos.
L’audace récompensée d’un technicien au flair aiguisé
Loin de se laisser abattre par cette défection collective, Aziz Abbas a pris ses responsabilités avec un aplomb qui force le respect. Durant toute la semaine précédant le voyage dans le Sud, l’entraîneur ne s’est pas contenté de constater les absences. Il s’est immergé dans le réservoir du club, multipliant les échanges avec l’entraîneur des U20 pour identifier les profils capables de tenir le choc.
L’audace d’Abbas est allée encore plus loin : il n’a pas seulement pioché parmi les titulaires de la catégorie junior, mais a également donné leur chance à des joueurs qui étaient parfois remplaçants en U20. Ce pari, qui aurait pu passer pour suicidaire, s’est avéré être un coup de maître. En s’appuyant sur des éléments à la recherche de reconnaissance et de temps de jeu, il a insufflé une dynamique de fraîcheur et d’agressivité qui faisait cruellement défaut au groupe senior ces derniers temps. Pour Abbas, le calcul est simple : le talent brut et l’envie surpassent aujourd’hui une expérience devenue sélective et conditionnée par le gain financier.
Une porte entrouverte, mais aucune supplication
Si le divorce semble acté avec les grévistes, Aziz Abbas ne ferme pas totalement la maison NAHD à double tour. Il fait preuve d’une distinction managériale subtile en laissant la porte ouverte aux défenseurs Mohamed Nâmani, Ikbal Boufligha et Amine Larbaoui. Pourquoi eux ? Parce que leur absence n’était pas le fruit d’un boycott prémédité, mais la conséquence de suspensions administratives ou sportives.
Le message envoyé est limpide : «Je ne vous en veux pas, mais je ne vous attendrai pas indéfiniment». Le coach nahdiste est catégorique : il ne suppliera personne pour réintégrer le groupe. Si ces éléments souhaitent revenir et s’inscrire dans la nouvelle rigueur imposée, ils seront les bienvenus pour encadrer la jeunesse. Dans le cas contraire, Abbas est prêt à finir l’exercice avec ses «gamins».
