25 mai 2026

Ali Malek : « Unir les forces pour l’avenir du football algérien »

Personnalité incontournable du paysage sportif algérien de ces dernières décennies, Ali Malek a occupé des fonctions majeures dans la gestion et l’organisation du football national. Le monsieur est dans le football depuis près d’un demi-siècle. Le foot chez nous, il le connait dans ses moindres recoins. Footballeur, arbitre, dirigeant, président de Ligue de Wilaya, président de la Ligue nationale. Son CV est long comme le bras. Dans cet entretien, nous abordons en sa compagnie un large éventail de sujets d’actualité, allant de la gestion du football, en passant par la programmation des compétitions, jusqu’à l’appréciation des clubs de l’élite et l’évaluation du travail de Petkovic avec l’équipe nationale. Un aperçu détaillé de l’évolution et des enjeux actuels du football algérien.

Entretien réalisé par Nasser Souidi

Que fait Ali Malek depuis son départ de la Ligue nationale de football amateur ?

Durant toute ma vie, j’ai été dans le sport en général, en particulier dans le football, en tant que pratiquant, sympathisant et gestionnaire. Et maintenant, je suis le football, en Algérie et à travers le monde, en tant que sympathisant de ce sport tant aimé, un amoureux du football, et la vie continue pour les uns et pour les autres…

Vous reverra-t-on un jour occuper un poste dans la gestion du football ?

Dans la vie, rien n’est impossible, et en même temps, le contraire est valable. Bon, on est là dans le football, dans la vie de tous les jours. S’il y a des opportunités intéressantes, pour la discipline, et qui ne sont pas incompatibles avec ma vision des choses, dans le domaine du relationnel ou de la fonction, bien au contraire, en tant que militant et amoureux du sport, je ne pourrais pas, quelles que soient les circonstances, dire non. Mais, attention, cela ne veut nullement dire que je suis demandeur de quoi que ce soit. Non, je ne suis pas demandeur, qu’on se le dise.

Quel bilan dresseriez-vous de l’état actuel du football en Algérie ?

Le progrès du football dépend de l’effort collectif de toutes les parties impliquées. Chacune doit travailler en harmonie, avec un plan et un programme consensuel pour aller de l’avant. Si nous n’avançons pas, la responsabilité revient à tous, car l’engagement sincère de chaque acteur est essentiel. Les infrastructures et la réglementation sont des éléments clés pour réussir, celles-ci doivent être mises en œuvre sur le terrain. La volonté politique est présente, comme en témoignent les nouvelles infrastructures en Algérie, mais il est crucial que la communauté du football contribue activement pour atteindre les objectifs souhaités.

Les clubs algériens sont souvent critiqués pour leur gestion. Quelles sont, selon vous, les causes principales de cette gestion inefficace ?

Les responsables du football en Algérie se trouvent souvent pris dans un système complexe, où la critique d’acteurs comme les agents ou certains journalistes complique la gestion. Beaucoup sont impliqués dans des affaires commerciales, et les entraîneurs et joueurs manquent de sécurité, avec des salaires bien inférieurs à ceux des clubs internationaux. Malgré des avancées financières, l’écart demeure en termes d’infrastructures et de moyens humains. Il est essentiel de bien préparer les joueurs, de disposer d’infrastructures adéquates et d’avoir une presse constructive. Les autorités sont conscientes des défis, et avec l’engagement des acteurs compétents, le football algérien pourrait se redresser et progresser.

En tant qu’ancien président de la Ligue de football amateur, comment jugez-vous la gestion actuelle de la Ligue ?

Depuis sa création en 2011-2012, la gestion de la Ligue de football a suivi son cours de manière stable et respectueuse des réglementations de la Fédération. Aucun changement majeur n’a été apporté à la gestion, qui se déroule normalement. Les clubs de la Ligue, héritiers d’une riche histoire, respectent les normes et la majorité du public est pacifique, bien qu’il y ait parfois de légers débordements, comme c’est le cas dans d’autres pays. Le comportement des spectateurs est souvent influencé par celui des joueurs sur le terrain. Le développement du football algérien bénéficie à l’ensemble des acteurs du secteur.

Concernant les systèmes actuels de compétitions et du calendrier des compétitions, souvent critiqués pour le manque de régularité, y a-t-il des améliorations à apporter dans l’organisation de nos championnats ?

La gestion du championnat de football s’améliore chaque année grâce aux leçons tirées du passé, bien qu’il subsiste toujours des insuffisances en raison de l’augmentation des besoins et des exigences. Le football, avec ses joies, ses déceptions et ses critiques, reste un sport passionné qui suscite l’engouement populaire. Si le public aime le football, les pouvoirs publics s’y intéressent aussi. Cependant, pour éviter que le sport ne perde sa direction, il faut une gestion solide et un cadre qui permette au public de se défouler de manière constructive. Chaque acteur – dirigeants, entraîneurs, joueurs, et public – doit connaître ses limites et agir de manière responsable. L’éducation et l’engagement des pouvoirs publics, ainsi que le rôle de la presse, sont essentiels pour maintenir le football dans un cadre respectueux et sportif.

Quel est votre jugement sur le parcours des clubs algériens en compétitions africaines ?

Trois clubs algériens ont réalisé d’excellents résultats lors de la première journée des phases de groupes. Le CSC, en particulier, a obtenu un bon résultat à Tunis, tandis que le Mouloudia a surpris en battant le TP Mazembe à Lubumbashi malgré des circonstances difficiles. Ces équipes ont les ressources nécessaires, tant sur le terrain qu’au niveau de la direction, et une grande volonté de représenter leur club et l’Algérie. L’USMA, fraîchement couronnée en Afrique, continue sur une bonne lancée, et on espère qu’elle ira loin, tout comme le Mouloudia et d’autres clubs. En revanche, le CRB a été décevant, surtout lors de la première mi-temps contre Orlando Pirates, qui a dominé avec un jeu intelligent. Cependant, on espère que le CRB se redressera dans les prochaines journées.

Quel est votre avis sur la gestion de l’équipe nationale sous la direction de Petkovic ? Quels sont les défis majeurs qu’il doit relever pour mener la sélection vers un succès durable sur la scène internationale ?

L’équipe nationale a fait d’excellents résultats, même si le sélectionneur est en train de chercher son équipe. Quand on procède à autant de changements et qu’on accumule des résultats positifs, on ne peut espérer mieux. Nous sommes qualifiés à la prochaine Coupe d’Afrique, il nous reste la Coupe du monde 2026. J’espère qu’il va bâtir son équipe graduellement, une excellente équipe qui fera honneur aux couleurs algériennes, durant la CAN 2025 au Maroc.

Un message à transmettre au public sportif algérien ?

L’avenir du football algérien repose sur la prise de conscience de nos joueurs quant à leur rôle essentiel, représentant l’honneur de la jeunesse algérienne, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières. Grâce à leur volonté et aux investissements faits en eux, ces jeunes peuvent porter haut les couleurs du football algérien, aussi bien dans nos championnats qu’en compétition internationale. L’équipe nationale est en bonne forme, avec de jeunes talents qui émergent. Il faut maintenant leur fournir les moyens nécessaires pour donner le meilleur d’eux-mêmes. En mars, l’Algérie sera représentée au conseil exécutif de la CAF, une étape importante pour honorer notre pays et défendre les intérêts du football algérien et de sa jeunesse à l’échelle africaine.

N. S.

« La volonté politique est présente, mais il est crucial que la famille du football contribue activement pour atteindre les objectifs souhaités. »

« Malgré les progrès financiers, il y a un écart énorme en termes d’infrastructures, de moyens financiers et humains, comparés aux autres pays. »

« Depuis sa création, la gestion de la LNFA a suivi son cours de manière stable et respectueuse des réglementations. La gestion se déroule normalement. »

« Les dirigeants, les entraîneurs, les joueurs et le public doivent connaître leurs limites et agir de manière responsable. L’engagement des pouvoirs publics et le rôle de la presse sont essentiels pour maintenir le football dans un cadre respectueux et sportif. »

« La sélection ? Quand on procède à autant de changements et qu’on accumule des résultats positifs, on ne peut espérer mieux. »

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